Coup de gueule du président de Paris 1 contre une « précarisation » des universités

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Georges Haddad, président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a poussé lundi un coup de gueule contre une « précarisation » des universités, une prise de position non liée selon lui aux élections de 2017.

M. Haddad, qui était devenu président de Paris 1 une première fois il y a 27 ans, a retrouvé ce poste il y a cinq mois.

Analysant ce qui a « beaucoup changé », il a souligné lors d’un point presse qu’il passe « beaucoup de temps à gérer des affaires sociales », pointant « la souffrance au travail, la précarité ». « Il y a une sorte de paupérisation du monde universitaire », a-t-il regretté.

« Aujourd’hui, un maître de conférence qui commence sa carrière au mieux peut trouver un appartement à 20, 30, 40 kilomètres de son lieu de travail, surtout à Paris », avec un salaire de début de carrière à 1.700 ou 1.800 euros nets, a-t-il décrit.

« Augmenter les enseignants, c’est une décision politique », a-t-il fait valoir. « Un pays qui ne respecte pas ses enseignants ne peut pas prétendre aimer sa jeunesse ».

Il ne s’agit pas de payer les enseignants-chercheurs comme « des chefs d’entreprise », mais il faut « que ça ne soit pas une angoisse quotidienne, comment nourrir ses enfants, se loger, se payer des vêtements corrects », a-t-il estimé.

En revenant de l’Unesco, où il a dirigé la recherche et la prospective en éducation, M. Haddad a aussi trouvé un monde universitaire devenu « profondément gestionnaire » depuis la loi sur l’autonomie des universités, qui leur a transféré la masse salariale à partir de 2008.

« On est sur la corde raide en permanence, la plupart des universités sont obligées pour équilibrer leur budget de geler des postes », a-t-il souligné.

« Les étudiants ne sont pas moins bien formés, ils sont moins bien encadrés », a-t-il ajouté, « d’autant que nous ne sommes pas encore à la pointe des technologies ».

Parmi les chantiers de M. Haddad, développer l’innovation pédagogique avec les nouvelles technologies « pour que chaque étudiant puisse avoir Paris 1 chez lui », « accéder à ses cours, à ses travaux dirigés, avoir des réponses aux questions qu’il pose »…

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