A Forges-les-Bains, 250 manifestants contre le centre d’accueil de migrants

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Quelque 250 personnes ont manifesté samedi à Forges-les-Bains (Essonne) contre un centre d’accueil de migrants, incendié début septembre et ouvert depuis une semaine, a constaté un journaliste de l’AFP.

Derrière une banderole « projet imposé = colère augmentée », les manifestants ont marché dans le calme depuis l’école primaire de cette commune de 3.700 habitants jusqu’à la mairie, en passant devant les grilles du centre d’accueil, où 44 Afghans ont posé leurs bagages lundi.

« Pas contre les migrants, mais contre l’État », « respectez la parole des Forgeois », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes.

« On nous a mis par terre, nous les habitants et aussi la municipalité. On veut être respectés et entendus », demande Sébastien Roger, leader du collectif Forgeons l’avenir, autour duquel est née la mobilisation.

Une majorité de votants (59%) avait exprimé fin septembre son opposition catégorique à l’arrivée de migrants dans la commune, lors d’une consultation populaire organisée par la mairie.

« Nous demandons maintenant un arrêt total des arrivées », ajoute M. Roger, alors que 47 autres migrants sont attendus dans les prochaines semaines.

Pour beaucoup, la confiance avec les autorités, notamment la préfecture de l’Essonne, est rompue. « On nous a pris pour des andouilles, on nous a menti. Ils nous disent que ça va fermer dans deux ans, mais c’est pas vrai, ça va empirer », craint une habitante, qui souhaite rester anonyme.

Au coeur des inquiétudes, la présence des écoles maternelle et élémentaire à une centaine de mètres du centre. « Ici, les enfants rentrent seuls à pied chez eux. Il peut y avoir des agressions », s’émeut Liliane, 24 ans. Deux caméras de surveillance, devant les écoles et le centre, ont été installées depuis une semaine.

D’autres dénoncent le fait que le centre n’accueillera que des hommes. « Ils vont s’ennuyer ici, il n’y a rien à faire », prévient Franck, un Forgeois de 52 ans. « Il aurait fallu des familles qui souhaitent s’intégrer ».

« Les migrants, on n’en veut pas », tranche Stéphanie, 42 ans, venue d’une commune voisine. Elle avoue « être dans la peur » et craindre « des évènements comme en Allemagne », en référence aux agressions sexuelles en bande commises à Cologne en décembre 2015, imputées à des migrants originaires surtout d’Afrique du nord.

A la fin de la manifestation, une Marseillaise entonnée par des élus et militants du Front national, dont le conseiller régional Île-de-France Wallerand de Saint Just, a généré quelques tensions avec les membres du collectif qui ont insisté sur le caractère « apolitique » de leur mobilisation.

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