Mixité sociale: l’enseignement catholique se défend

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L’enseignement catholique privé, qui scolarise en France près de 20% des élèves, ne veut pas entrer dans « une guéguerre », « avec des bons et des méchants », a déclaré mardi son dirigeant, après des polémiques récentes sur la mixité sociale et un fascicule anti-avortement.

« Il n’est pas question d’entrer dans une sorte de guéguerre, de chercher un bouc émissaire, avec des bons et des méchants », s’est défendu Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique, lors d’une conférence de rentrée.

Commentant une étude de l’antenne des statistiques du ministère de l’Education (Depp), qui pointe une accentuation de la ségrégation sociale dans l’école privée de 2003 à 2015, M. Balmand a rappelé les efforts en la matière menés par l’enseignement catholique.

« Nous menons réellement des efforts, mais qui s’inscrivent dans une temporalité lente », a dit le secrétaire général, qui a passé plusieurs années en Seine-Saint-Denis en tant que directeur diocésain avant d’occuper ses fonctions actuelles.

Le secrétariat général de l’enseignement catholique mène ainsi une politique visant à encourager « les établissements qui le souhaitent à construire des projets pour accueillir des populations plus fragiles », avec des moyens supplémentaires à la clé.

Selon l’étude de la Depp, publiée la semaine dernière, 20% des collégiens du privé étaient issus de milieux défavorisés en 2015, contre 25% en 2003. Du côté de la catégorie très favorisée, ils représentaient 37% des effectifs du privé, contre 30% douze ans plus tôt.

Pascal Balmand a pointé deux explications possibles à cette accentuation: l’implantation historique des établissements du privé majoritairement dans les centres des grandes villes, où la population est plus favorisée qu’en banlieue. Et « la stratégie d’évitement » qu’adoptent de plus en plus de familles, « à tort ou à raison ».

Quant à la distribution dans des lycées privés d’un manuel anti-avortement édité par la fondation Lejeune, Pascal Balmand a rappelé qu’on avait « le droit d’exprimer ce que l’on pense, même lorsqu’on est en désaccord avec une loi ». Mais ce « manuel », dont il conteste l’appellation qui prête à confusion avec les manuels scolaires, suscite chez lui plusieurs interrogations et il estime qu' »on n’est pas là en présence d’un outil de dialogue ».

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