L’Ordre des chirurgiens-dentistes s’inquiète des « disparités » de formation dans l’UE

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L’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) s’est inquiété mercredi des « disparités » de formation constatées dans l’Union européenne (UE), dont tous les diplômés sont autorisés à exercer en France, en interpellant Bruxelles et le gouvernement sur la nécessité d’un meilleur « contrôle ».

Environ « 10% des étudiants diplômés dans l’UE n’auraient jamais fait de véritable examen clinique ni pratiqué d’acte de base », s’est alarmé le vice-président de l’ONCD, Paul Samakh, lors d’un point de presse, citant une étude de l’Association des étudiants en dentaire d’Europe (EDSA pour European dental students association en anglais) dévoilée cet été.

« Autres chiffres: 12% n’auraient jamais élaboré un plan de traitement et un tiers d’entre eux n’auraient jamais réalisé de prothèse fixée ni rédigé de prescription médicamenteuse », a-t-il ajouté, en référence aux réponses données au printemps par près de 1.000 étudiants de 19 pays, diplômés en 2015 ou sur le point de l’être en 2016.

Ces « disparités » posent problème « à l’heure où la libre circulation des praticiens européens n’a jamais été aussi forte », a souligné M. Samakh, rappelant qu' »un tiers » des nouveaux inscrits à l’Ordre en 2015, et donc exerçant pour la première fois en France, ont été formés à l’étranger.

C’est pourquoi « nous avons interpellé la Commission européenne » sur le sujet et « avons adressé un courrier à notre ministre de tutelle », Marisol Touraine, a annoncé le président de l’Ordre, Gilbert Bouteille.

En vertu d’une directive européenne, tous les diplômes en odontologie de l’UE sont automatiquement reconnus dans les autres pays membres et donc en France.

Mais si « les normes pédagogiques européennes exigent clairement (…) un volet clinique minimal » dans l’apprentissage des futurs dentistes, l’étude de l’EDSA soulève la question des « carences du contrôle » des formations, a estimé M. Samakh.

Et ce d’autant plus que l’Ordre, pourtant régulateur de la profession et garant de la qualité des soins, n’a pas le droit « de faire de sélection ou de faire passer des tests » pour vérifier le niveau des nouveaux arrivants, a expliqué M. Bouteille.

« Comment inscrire au tableau des diplômés qui n’ont jamais soigné de patients et ainsi exposer les patients à de réels accidents ? », s’est ainsi interrogé M. Samakh.

L’Ordre reconnaît que les solutions restent à trouver. Il préconise toutefois d’augmenter de 500 heures, soit d’un semestre, la formation minimale actuellement requise en Europe (de 5.000 heures et de cinq ans).

L’étude de l’EDSA ne précise pas dans quels pays sont formés les 10% d’étudiants manquant d’expérience.

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