Plus de la moitié des ados des bidonvilles et squats ne sont pas scolarisés (étude)

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Plus de la moitié des adolescents âgés de 12 à 18 ans vivant dans des bidonvilles et des squats en France ne sont pas scolarisés, selon une enquête du Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation (CDERE) publiée mardi.

Sur les 161 jeunes interrogés, « majoritairement originaires de Roumanie et de Bulgarie, qui se reconnaissent souvent comme Roms ou désignés comme tels », 85, soit 53% d’entre eux, ne vont pas à l’école. Ce taux atteint 67% si l’on intègre les enfants scolarisés, mais « non assidus ».

« Ce taux de déscolarisation reste largement supérieur à celui de l’ensemble des jeunes de 12 à 18 ans vivant en France qui n’est que de 7% », souligne le CDERE, citant une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) de 2013.

Ce phénomène touche particulièrement les 16-18 ans, le taux de déscolarisation atteignant 96% dans cette tranche d’âge. Leur situation familiale (parfois en couple, et/ou avec enfants) et leur désir d’entrer dans la vie active plutôt que de continuer à aller à l’école sont les principaux facteurs d’abandon.

Les filles sont également plus touchées, 56% d’entre elles étant déscolarisées, contre 50% pour les garçons. Selon le CDERE, la discrimination homme-femme est « pire pour les personnes qui se disent ou sont identifiées comme Roms ».

Plus généralement, « les expulsions à répétition » sont le premier obstacle à la scolarisation des jeunes des bidonvilles et des squats, dénonce l’étude. S’ajoutent des « disparités territoriales » et un « manque de soutien aux bonnes initiatives locales de certains élus et des associations ».

Lors d’une conférence de presse, Guillaume Lardanchet, directeur de l’association Hors la rue et membre du collectif, a demandé l’arrêt des « expulsions massives qui épuisent les familles et nuisent à toute la scolarisation ».

Il a également déploré le manque de données publiques sur la situation de ces adolescents, notant que leur « invisibilité » conduisait à renforcer les préjugés à leur encontre.

M. Lardanchet souligne que ces jeunes ne sont « pas intrinsèquement rétifs à l’école », que leur famille n’a « pas vocation à errer perpétuellement » et que « l’école est aussi un lieu d’intégration pour les parents ».

Le CDERE recommande notamment d’obliger les maires à dresser la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire sur leur commune.

Le collectif demande aussi une simplification des procédures administratives et des moyens matériels (eau, électricité), car « les conditions de vie en bidonville et squats ne permettent pas à un enfant d’avoir une scolarité effective et convenable ».

En 2015, la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement des personnes sans-abris ou mal logées (Dihal) a recensé un peu plus de 4.200 mineurs vivant dans des « campements illicites » en France.

Selon UNICEF France, près de 9.000 enfants et adolescents vivaient en 2015 dans des bidonvilles sur le territoire métropolitain.

Le CDERE, créé en 2009 à l’initiative de membres du Collectif national Droits de l’Homme (CNDH) Romeurope, réunit des associations, collectifs et syndicats spécialisés sur les questions d’éducation et de droits de l’enfant.

Étude menée auprès de 161 jeunes vivant dans 34 bidonvilles et squats entre novembre 2015 et juillet 2016.

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