Inégalités à l’école : le Cnesco accable l’éducation prioritaire française

Le Cnesco publie le 27 septembre un rapport sur les inégalités sociales à l'école, dans lequel il accable l'éducation prioritaire française.

© Drivepix - Fotolia.com

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Et si l’école était la principale responsable des inégalités sociales ? Tel est le constat que dresse le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dans sa dernière étude intitulée « Comment l’école amplifie-t-elle les inégalités sociales et migratoires ?».

L’éducation prioritaire en ligne de mire

Ce rapport inédit, qui a mobilisé pendant 2 ans 22 équipes de chercheurs français et étrangers, accuse l’école française de « fabriquer de l’injustice scolaire ». 

« Si la France recule dans le classement funeste des inégalités à l’école, c’est parce que depuis 15 ans, notre pays est parti à la dérive par rapport aux politiques menées à l’étranger » estime Nathalie Mons, la directrice du Cnesco. La France n’a selon elle jamais tiré de conséquences des rapports PISA, contrairement à l’Allemagne ou à la Suisse.

Selon le Cnesco, le système éducatif français est jonché d’une « longue chaîne de processus inégalitaires », et ce phénomène empire à partir du collège.

Les ZEP sont ici pointées du doigt comme générant une  « discrimination négative » : « Au départ pensé comme temporaire, le dispositif s’est étendu, les moyens se sont dilués, avec des effets de stigmatisation assez forts : dès lors qu’un établissement passe en éducation prioritaire, il y a une désertion des familles pour scolariser leur enfant dans un autre collège », analyse auprès de l’AFP Georges Felouzis, sociologue à l’université de Genève, qui a participé à l’étude.

Les moyens accordés à ces établissements ne seraient pas suffisants pour créer une différence. De plus, les enseignants en collège ZEP consacreraient 21 % du temps de classe à « l’instauration et au maintien d’un climat favorable », contre 16 % hors de l’éducation prioritaire et 12 % dans le privé.

Le pourcentage d’enseignants peu expérimentés (moins de 30 ans) est également très fort en enseignement prioritaire : 17 % contre 9 % dans le seconde degré. Dans le premier degré, leur part a augmenté, passant de 22 % en 2008 à 26 % en 2015.

L’absence d’une véritable égalité des chances

Le rapport indique qu’avec l’éducation prioritaire actuelle, « on est loin du mythe de l’égalité des chances (…) et plus encore de la promesse de 1982 de «donner plus à ceux qui ont moins» ». Georges Felouzis ajoute : « On a plutôt des preuves que ça ne marche pas mais on continue. Les pays qui avaient adopté ce dispositif l’ont tous abandonné, car ses effets pervers sont plus nombreux que les effets positifs ». 

Face à ce constat accablant, le Cnesco somme la France de réagir « en urgence » afin de réduire les inégalités sociales à l’école. Le Conseil préconise entre autres une confiance accrue aux acteurs de terrain et une « clarification de la vision de la justice à l’école ». Il recommande également de renforcer la scolarité des moins de 3 ans et de rendre obligatoire la formation continue des enseignants.

Source(s) :
  • Cnesco ; AFP

1 commentaire sur "Inégalités à l’école : le Cnesco accable l’éducation prioritaire française"

  1. Bazin  27 septembre 2016 à 15 h 31 min

    Je viens d’une zep et clairement le climat social était désastreux. Les enseignants peinaient a instaurer un climat de travail efficace. Dur parfois de se concentrer en classe ! Mais je parle de la situation de la fin des années 1990… Aujourd’hui j’ai repris mes études depuis 2 ans en licence, puis cursus Master 2 sciences
    l’éducation… Et je constate qu’au lieu de s’améliorer, le système scolaire amplifie toujours plus les inégalités sociales de réussite scolaire. Il faudrait mettre un terme à cette politique d’education priotitaire qui discrimine et stygmatise une partie du public scolaire.Signaler un abus

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