Création de 60 000 postes dans l’éducation : une promesse vraiment tenue ?

Najat Vallaud-Belkacem a confirmé hier la création des 60 000 postes dans l'éducation promis par François Hollande. Des chiffres contestés.

enseignante

© Henlisatho – Fotolia

La création de 60 000 postes dans l’éducation était l’une des principales promesses de campagne de François Hollande. C’est aujourd’hui un « engagement tenu », affirme la ministre de l’Education nationale dans un communiqué publié hier. Selon le schéma d’emplois présenté par Najat Vallaud-Belkacem, en 2017, 12 842 postes, inscrits dans le projet de loi de finances, seront ouverts pour s’ajouter aux 47 158 créés à ce jour. Ainsi, « entre les rentrées 2012 et 2017, 54 000 postes auront été créés dans l’Education nationale, 5 000 postes dans l’enseignement supérieur, et 1 000 dans l’enseignement agricole ».

Des « jeux d’écriture »

Pourtant, selon Xavier Marand, secrétaire général adjoint du SNES-FSU, « la ministre utilise des jeux d’écriture pour atteindre ses 60 000 postes. Elle met 2 150 assistants d’éducation dans les créations de postes, sauf que ce qui était promis c’était des postes de titulaires et que les surveillants ne sont pas des titulaires », dénonçait-il hier sur France Info. Et plus d’un tiers des postes annoncés sont des enseignants stagiaires, qui n’ont pas un service plein devant les élèves.

emplois dans l'éducation

Source : MEN

En outre, l’enseignant Loys Bonod rappelle sur son blog qu’avec la « crise de recrutement » qui frappe depuis quelques années les métiers de l’enseignement, de nombreux postes restent vacants. « En 2015, par exemple, malgré les efforts du Ministère pour ne pas livrer les chiffres bruts, plus de 3 600 postes ne seraient pas pourvus rien que dans le secondaire public : l’année précédente, le Ministère avait annoncé la création de 2 600 postes de titulaires supplémentaires dans le primaire et le secondaire », déplore-t-il. Résultat : « des postes ‘créés’ mais non pourvus, en réalité occupés par des contractuels (quand on arrive à en recruter dans l’urgence) ». Aux concours enseignants 2016 en effet, seuls 93 % des postes avaient été pourvus, avec des difficultés particulières pour des disciplines comme les lettres classiques et l’allemand.

Des candidats moins « bons » pour pourvoir les postes ?

Cette crise soulève également la question de la qualité des recrutements, posée par le site de l’Etudiant : les exigences des jurys baissent-elles pour pourvoir davantage de postes ? Selon le site, la barre d’admissibilité au CAPES de maths est passée, entre 2012 et 2015, de 6,75 à 6,50, 6, puis 5,7, avant de remonter à 6 en 2016. Quant à la barre d’admission, elle « a baissé continuellement entre 2012 et 2015, passant de 9,40 à 7,8 ». Pourtant, selon Loïc Foissy, président du jury du CAPES de mathématiques 2016, cité par l’Etudiant, « ces différences de barre ne sont pas forcément très fiables car cela dépend des sujets. Et nous maintenons bien sûr un certain niveau d’exigence ». Des propos confirmés par Patrick Laudet, président du jury du CAPES de lettres 2016, qui reconnaît qu’il existe « une commande ministérielle de nombreux postes » mais qui conserve « sa liberté pour garder élevé le niveau d’exigence ».

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