Les instits veulent une évaluation qui conseille, sans avancement au mérite (enquête syndicale)

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Les professeurs des écoles souhaitent une évaluation des enseignants qui leur apporte des conseils et qui n’induise pas un avancement au mérite, selon une enquête du premier syndicat du primaire, dévoilée lundi.

Le SNUipp-FSU a interrogé des professeurs des écoles sur des propositions du ministère dans le cadre de négociations pour réformer l’évaluation des enseignants. Le projet prévoit un avancement au mérite pour certains, même si la ministre évite cette qualification, préférant parler « d’engagement ». Plus de 10.000 professeurs des écoles ont répondu depuis le 9 septembre.

La ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, avait annoncé fin mai qu’il y aurait quatre rendez-vous de carrière, dont deux permettant à 30% des personnels très « engagés » (éducation prioritaire, direction d’école…) d’avoir une accélération de carrière d’un an.

Pour l’évaluation des profs, elle avait annoncé un « double regard » de l’inspecteur et du chef d’établissement. Ce « double regard » concerne le secondaire, où il existe un chef d’établissement, mais pas le primaire où le seul supérieur hiérarchique est l’inspecteur, souligne Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU.

Un peu plus de la moitié des professeurs ayant répondu à la consultation du SNUipp-FSU (53%) rejette l’idée que l’inspection permette d’offrir une meilleure carrière à certains enseignants. En outre, 81% s’opposent à la possibilité que seul l’avis de l’inspecteur soit pris en compte pour les deux rendez-vous d’évaluation susceptibles d’accélérer la carrière de 30% des professeurs.

Plus de 80% jugent l’actuel système d’inspection « insatisfaisant » ou « plutôt insatisfaisant » et 85% estiment que l’inspection doit accompagner les professeurs et leur donner des conseils pédagogiques.

« Ce que propose le ministère va dans le sens de l’accompagnement et l’aide que revendiquent les enseignants », mais « c’est contrarié par ces deux rendez-vous. A partir du moment où 30% des professeurs sont choisis, on n’est plus dans l’accompagnement », déplore Mme Popineau, craignant, « une mise en concurrence ». L’évaluation « n’est pas déconnectée de la carrière, c’est une déception », estime-t-elle.

Par ailleurs, 77% ne sont « plutôt pas d’accord » ou « pas d’accord » avec l’idée que chaque enseignant rédige son bilan professionnel, perçu selon le syndicat comme une charge de travail supplémentaire.

Pour 59%, de nouveaux critères d’évaluation proposés pour remplacer la note pédagogique ne sont pas assez centrés sur le travail en classe.

La précédente tentative de réforme de l’évaluation des enseignants, très critiquée par les syndicats, avait donné lieu à un décret publié par l’ancien ministre Luc Chatel en 2012, abrogé par la gauche avant sa mise en application.

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