Premier concours PsyEN : « le premier pas d’une reconnaissance statutaire »

Au printemps 2017, le premier concours de recrutement des psychologues de l’Education nationale ouvrira ses portes. Réaction de Laurent Chazelas, président de l'AFPEN.

Laurent Chazelas

Laurent Chazelas

Le premier concours de recrutement des psychologues de l’Education nationale est prévu au printemps 2017. Comment avez-vous accueilli cette nouveauté ?

C’est une très bonne nouvelle ! Cela fait déjà quelques années que nous travaillons avec le ministère pour qu’il y ait un premier concours spécifique de psychologues. Pour nous, c’est le premier pas d’une reconnaissance statutaire pour tous les psychologues et notamment ceux du premier degré, car jusqu’à présent nous étions sur le statut des professeurs des écoles. C’est également le fruit d’un long travail que notre association mène depuis plusieurs années. Nous nous réjouissons logiquement pour cette excellente annonce.

Comment l’idée de créer ce concours est-elle née ?

La France était l’un des derniers pays au monde à avoir des psychologues dans des écoles qui n’étaient pas recrutés comme un psychologue. Ils faisaient partie d’un autre corps. Donc nous avons souhaité être en conformité avec l’ensemble des pays de la communauté européenne voire mondiale. Aujourd’hui, il n’y a plus que la Russie qui a encore des psychologues issus du corps des enseignants.

AFPENConcrètement, qu’est-ce qu’être psychologue de l’Education nationale?

Notre mission est de prendre en compte pour chaque élève, pas uniquement ceux en difficulté, la dimension psychique, psychologique voire cognitive afin d’assurer leur parcours de réussite. Nous agissons sur des volets de prévention, de remédiation des difficultés scolaires et de prise en compte des enfants en situation d’handicap. Nous contribuons ainsi à créer les conditions d’un équilibre psychologique des élèves mais aussi à favoriser une approche bienveillante de l’Ecole.
Les psychologues ont par ailleurs beaucoup de choses à apporter dans la gestion des situations de crise. Ils participent par exemple à toutes les simulations liées aux risques d’attentats dans les écoles.

Comment peut-on accéder à ce concours ?

Les candidats souhaitant s’inscrire au concours doivent être en possession d’une licence de psychologie et, soit être inscrits en deuxième année de master de psychologie, soit détenir un master de psychologie au cours duquel ils devront avoir validé leur stage professionnel. Par la suite, les lauréats pourront bénéficier, pendant une année scolaire, d’une formation en alternance rythmée par un stage et par des cours dispensés dans des centres de formation en lien avec les ESPE.

Justement, pensez- vous qu’une seule année de formation soit suffisante ?

Il faut savoir que la formation des psychologues sera supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui. En effet, les prochains lauréats seront déjà recrutés avec un master 2 et auront en plus le droit à une année de formation en alternance, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Cette formation permettra, entre autres, d’approfondir leurs connaissances et leurs compétences professionnelles par le biais de cours et d’un stage. Ils seront d’ailleurs accompagnés par des tuteurs sur le terrain. Cette formation est ainsi amplement suffisante car les lauréats auront obtenu leur bac +5 mais disposeront par la suite d’une année de formation supplémentaire, soit l’équivalent d’un bac +6.

Afin d’obtenir ce concours, quelles sont les épreuves à passer ?

Le candidat a le choix entre deux spécialités : « éducation, développement et apprentissages » ou « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle ». Pour le concours externe, il devra passer deux épreuves écrites d’admissibilité, communes aux deux spécialités et deux épreuves orales d’admission, en lien avec la spécialité choisie par le candidat. Le concours interne sera, quant à lui, composé d’une épreuve écrite d’admissibilité portant sur une question en lien avec la fonction de psychologue de l’Education nationale et d’une épreuve orale d’admission intervenant dans la spécialité choisie par le candidat au moment de l’inscription.

8 commentaires sur "Premier concours PsyEN : « le premier pas d’une reconnaissance statutaire »"

  1. Maud  17 septembre 2016 à 12 h 06 min

    C’est un peu vague comme condition d’accés non ? Je suis intéressée mais « être en possession d’une licence de psychologie et être inscrit en deuxième année de master de psychologie « , il n’y a que moi que ça interpelle ? Comment est-ce possible ? Je l’espère mais je ne comprends pas comment on peut être inscrit en master 2 en ne possédant qu’une licence…

    Je suis preneuse de votre éclairage !

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  2. principal  23 septembre 2016 à 14 h 12 min

    Il y a encore vingt ans cette idée de corps de psychologues EN était vivement combattue par le SNUIPP/FSU qui voulait réserver l’accès aux fonctions de psy. scolaire aux seuls instits et barrer ainsi la route aux étudiants titulaires d’un DESS. Ce corporatisme a enfin fini par céder le pas devant la nécessité de faire appel à des gens formés par des établissements d’enseignement supérieur, à l’instar des autres institutions (santé, justice, enfance-famille). C’est une bonne chose.Signaler un abus

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  3. Cyclopan  8 octobre 2016 à 11 h 22 min

    Déjà que les Psy Scolaires actuels, ayant en principe tous exercé dans une classe primaire, sont souvent incapables de comprendre l’enfant dans la dynamique d’une classe, très vite ignorants des programmes scolaires, des réformes qui touchent l’Ecole…
    Alors là, on va disposer d’une élite dédaigneuse qui va prétendre bénéficier des horaires et vacances scolaires et mépriser profondément les gueux qui sont devant des élèves…
    Le système devrait être : on ne peut exercer le métier de Psy Scolaire uniquement en justifiant de cinq années d’enseignement effectif.
    R. CyclopanSignaler un abus

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  4. wiiii  11 octobre 2016 à 19 h 46 min

    R. Cyclopan, votre point de vue n’est pas totalement infondé MAIS sachez que le fait d’avoir enseigné 5 ans, 10 ans, 20 ans… avant de devenir psyEN n’est pas en soi une garantie de qualité relationnelle !!!!
    Et sachez aussi qu’il EXISTE des psys scol modestes ( « celui qui augmente sa science augmente sa douleur  » – Ecclesiaste) , drôles ET très professionnels ET profondément respectueux des gueux.
    Cordialement, une psyscol.Signaler un abus

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    • Cyclopan  16 octobre 2016 à 14 h 42 min

      Votre réponse vient prouver tout ce que je disais…Signaler un abus

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      • wiiii  18 octobre 2016 à 14 h 37 min

        Euh , une réponse n’est en soi ( encore) pas une preuve !! C’est juste un …avis !!Signaler un abus

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      • Bubule  29 novembre 2016 à 13 h 47 min

        Pour ma part je ne vois pas comment le simple fait d’avoir été enseignant cinq années (ou plus d’ailleurs) donnerait d’emblée les compétences et les connaissances nécéssaires à l’obtention du titre de psychologue qui demande l’obtention d’une licence et d’un master (M1 et M2 donc) de psychologie.
        Je suis personnellement ravie de cette réforme! Nous n’étions plus crédible avec nos soi-disant psychologues scolaires qui n’étaient que des enseignants philosophisants planqués.Signaler un abus

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  5. COP  23 novembre 2016 à 15 h 03 min

    @ Maud,

    Pour parler plus clairement (car c’est vrai que les textes ont le dont de rendre encore moins compréhensible une situation qui est pourtant pas si compliquée) On peut passer le concours de PSYEN soit quand on est déjà titulaire du titre de psychologue ( donc avoir validé son M2 pro ou M2 recherche + stage) soit d’être en M2 avec je pense la condition de le valider en juin pour qu’en septembre à l’entrée en formation tous les étudiants admis soit en possession du titre de psy. Donc quand ils disent Licence+M2 il considère le M1 acquis, la première année de master n’est pas reconnue (même si validée) comme un grade.

    @Cyclopan, étant COP je peux vous dire que parfois ce sont nous qui sommes méprisés par certains (et bien heureusement pas par la majorité) parce que nous ne venons pas de l’enseignement…alors qu’avec des échanges et une connaissance réciproque on peut fournir un vrai travail de qualité…c’est le but de l’interprofessionnel!! Et pour le coup, que les nouveaux PSYEN soient détenteurs du titre de psycho je trouve cela plus rassurant pour les personnes accueillies car la licence de psycho c’est essentiellement de l’accumulation de connaissances, et peu de réflexion sur la pratique de psy!! Si vous vous penchez un peu sur la réalité du travail de psy de l’educ nat que ce soit psy sco ou COP vous verriez que nous aussi nous travaillons pendant les vacances que par exemple la correction d’un bilan psy c’est au minimum 4h… c’est tellement dommage de voir des professionnels de l’educ nat (dont on colle souvent l’image du mec qui bosse 8 mois par an 19h par semaine) tirer dans les pattes de ses collègues….Signaler un abus

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