EPS à l’école : une situation inquiétante

Dans un rapport remis à la ministre de l'Education nationale le 14 septembre, deux députés alertent sur la situation préoccupante de l'EPS à l'école.

Cours EPS

Cours EPS

AEF indique que dans un rapport intitulé « Promouvoir l’activité physique et sportive pour tous et tout au long de la vie : des enjeux partagés dans et hors de l’école », deux députés PS tirent la sonnette d’alarme. Ils alertent la ministre de l’Education nationale sur le fait que « La situation de l’enseignement de l’EPS dans le 1er degré est inquiétante. »

Seulement 2h15 effectives

En cause, la baisse horaire des cours d’EPS, qui est passée des 3h inscrites dans les programmes à 2h15 hebdo en réalité en moyenne sur le terrain. Et également le fait que bien souvent, le cours d’EPS à l’école soit confié à des intervenants extérieurs au lieu des professeurs.

Sur son site, le député Régis Juanico, co-auteur du rapport, met en avant le problème du « décrochage sportif »: « 40% à 60% des enfants ne pratiquent pas d’activité physique autre que celles obligatoires dans le cadre scolaire ; et, s’ils sont 65% à être inscrits dans une association sportive à 11 ans, ils ne sont plus que 42% à 18 ans… »

La pratique du sport est donc essentielle à l’école pour les enfants, qui bien souvent n’ont pas d’activité physique à côté, et sont de plus en plus sédentaire.
La Fédération Française de Cardiologie indique ainsi qu’ « en 40 ans, nos collégiens ont perdu environ 25% de leur capacité physique, c’est à dire qu’ils courent moins vite et moins longtemps. »

Plusieurs mesures à prendre

Quelles solutions alors pour favoriser l’EPS à l’école ? Les deux députés ont formulé 54 préconisations. Parmi les plus importantes, un programme de 2h45 d’EPS hebdomadaire pour tous les écoliers, la création d’une association Union Sportive des Ecoles Primaires – USEP dans chaque école, un aménagement des écoles pour la pratique du sport, veiller à ce que le « savoir-nager » soit bien acquis pour tous en fin de cycle 3, y compris lorsque l’accès aux bassins est difficile.

La formation des professeurs des écoles n’est par ailleurs pas oubliée, et le rapport déplore que l’EPS « soit le parent pauvre du master MEEF »  premier degré (Master de l’enseignement, de l’éducation et de la formation). Il faut donc veiller à ce qu’un nombre suffisant d’heures soit bien consacré à l’EPS dans la formation en ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education).

9 commentaires sur "EPS à l’école : une situation inquiétante"

  1. landry  17 septembre 2016 à 12 h 43 min

    ne pas oublier que nos récréations (2h15 / semaine) sont à enlever des 24h de cours et donc en partie des 3h d’EPS. Ca explique aussi que les 3h demandées ne soient pas effectives (une récré ressemble plus à une course qu’à un cours de maths). A quand des temps d’enseignement tenant compte des récrés obligatoires, peut etre alors les horaires demandés seront respectésSignaler un abus

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    • grata  25 septembre 2016 à 10 h 02 min

      La récré c’est de l’EPS!!!!! Merci beaucoup pour les enseignants de cette discipline qui passent tous un CAPEPS et/ ou une AGREGATION alors qu’il suffirait de lâcher les élèves dans la cour pas vrai? Certains instit devraient revoir leur cours de sciences de l’éducation et s’apercevoir du lien existant entre corps et esprit enfin perçus comme les deux facettes d’une même entité. Je peux développer si vous le souhaitez!!Signaler un abus

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  2. bizeul  19 septembre 2016 à 11 h 57 min

    l’article pourrait être intéressant si il ne fustigeait pas les intervenants extérieur.Il existe une filière sportive territoriale depuis 1992 , avec un recrutement de professionnel(fini les « moniteurs municipaux ») qui mérite d’être développer si on veut des interventions de sport partout en france dans les écoles primaires pour être sur d’avoir de vrai projets sportifs et des cycles EPS digne de ce nom.On ne peux pas tout demander aux professeurs des ecoles ; installer le matériel pour une vrai séance de sport demande du temps et des compétences ; notamMent pour des activités nécessitant beaucoup de matériel. Je suis intervenante en EPS pour les écoles primaires et heureusement que cela existe dans notre collectivité: les associations sportives sont dynamiques car nous donnons envie aux enfants de pratiquer une activité en dehors de l’école.Nous connaissons les enfants sur l’ensemble de leur scolarité primaire , au contraire des enseignants qui ne connaissent l’enfant que sur une année. Quant à L’USEP, parlons en…;leurs programmes ne sont pas toujours top et pour moi les monopoles c’est du « racket »car on oblige les familles à payer une licence et cela augmente de façon virtuelle le nombre de licenciés pour le développement d’une fédération scolaire ; alors que pour les collèges et lycées cela relève du volontariat; pourquoi d’un coup obliger la pratique fédéral USEP à l’intérieur de l’école primaire?
    Ce n’est pas la seule réponse possible.
    Les Etaps sont formés pour répondre à cette problématique et travaillent de concert avec les enseignants et les CPC alors que les intervenants extérieurs rattachés à une association interviennent ponctuellement pendant un temps définis et sur une activité spécifique.
    Nous, nous sommes des profs de sport spécifiquement formés pour les enfants des écoles primaires et maternelles et nous sommes des partenaires de façon continue pour les enseignants; nous nous concertons et nous avons la connaissance des enfants, parfois aussi sur des temps extérieurs à l’école comme par exemple lors des séances de l’école municipale des sports et les animations vacances.
    Dans notre collectivité les enfants sont plutôt plus sportifs que la moyenne et participent de manière plus assidus aux activités sportives proposées.
    Et ce parce que, les enfants sont sollicités de manière régulière à la pratique sportive.Signaler un abus

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  3. Momo  21 septembre 2016 à 9 h 15 min

    Je suis professeur des écoles, issu d’une licence STAPS, je suis donc compétent pour enseigner L’EPS… Sauf que les écoles souffrent trop souvent d’une pénurie de matériel ! Deux pauvres ballons et 3 chasubles sont généralement ce que l’on trouve dans nos locaux.

    L’accès aux piscines dans les établissements ruraux est très difficile, on peut donc s’asseoir sur l’acquisition du SAVOIR Nager pour tous.

    Mettre en place des cycles variés D’APSA sur une année nécessite de la débrouille, du temps, de l’énergie…Signaler un abus

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  4. Alain MADORE  21 septembre 2016 à 14 h 54 min

    Dans le Pays de Redon Bretagne Sud (PRBS), de 2008 à 2013, un groupe d’acteurs des instances d’éducation par l’activité physique et le sport a mené une réflexion prospective selon les principes de la démocratie participative. Sa dernière initiative fut – de janvier 2012 à mai 2013 – « une étude de faisabilité d’un projet de partenariat éducatif ». L’idée fondatrice : une démarche explicite de coéducation dans le triangle école – famille – association, organisée et facilitée par les collectivités (mairies surtout), soutenue par des partenaires économiques (particuliers -dont les parents – et entreprises). Le concept de partenariat éducatif date. Il a été revalorisé en France dans les années 1990-2000, notamment par Danielle Zay (Enseignants et partenaires de l’école – 1996,1999). Dans l’éducation par les A P S le partenariat  » enseignants – intervenants extérieurs » est effectif depuis plusieurs années. Il associe peu les parents. Rarement, il est le fruit d’une complémentarité décidée et visible du projet de l’école et du projet des associations (en général regroupés dans un Projet Sportif Local). Pour cela, la récente invitation à concevoir et mettre en oeuvre des Projets Educatifs de Territoire (PEdT) est une excellente initiative. A condition que ce soit le fruit d’une démarche collaborative de tous les partenaires et que ces projets soient conduits par une gouvernance partagée. La démarche demande une reconnaissance des responsabilités mutuelles et un consensus sur leur exercice. Dans ses préconisations le rapport du CD PRBS propose que les temps d’activités périscolaires soient obligatoires. Chaque école a une Association Sportive et Culturelle Scolaire (ASCS). Sous la coordination de la mairie (services éducatifs notamment), les ASCS conventionnent avec les associations sportives et culturelles pour une mise en oeuvre cohérente et complémentaire des projets d’ EPS et d’activités culturelles et les projets TAP du PEdT. Les enseignants sont à la fois « facilitateurs d’acquisitions » pour les enfants (sensibilisation et mise en projet en amont, analyse des pratiques en cours, évaluation en aval) et « médiateurs » pour la relation entre les parents et les intervenants extérieurs.(optimisation des supports numériques). Cela implique un investissement supplémentaire des professeurs d’école et une augmentation en conséquence de leur rémunération.
    L’Office Municipal des Sports (OMS) de Redon entretient depuis une dizaine d’années un partenariat « écoles-clubs ». Les partenaires et bénéficiaires sont satisfaits. Pour autant, nous ne pouvons parler de coéducation authentique mais avons bon espoir d’y parvenir.Signaler un abus

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  5. Hombergen Guy  22 septembre 2016 à 7 h 01 min

    Je suis professeur d’éducation physique en Belgique et depuis près de 30 ans, 2h d’EPS sont données par un professeur d’éducation physique spécifique et non plus par le titulaire de la classe (le maître). Gage de professionnalisme. Depuis cela a été appliqué également dans les classes maternelles où les enfants bénéficient de 2h de psychomotricité données par un professeur spécialisé. Combien de titulaires de classe maternelle et primaire donnent-ils réellement le cours d’EPS dans leur grille horaire????Signaler un abus

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