La France investit moins dans l’école primaire que la moyenne de l’OCDE

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La France investit moins dans l’école primaire que la moyenne des pays développés et accorde davantage d’argent au secondaire, selon le rapport annuel « Regards sur l’éducation 2016 » publié jeudi par l’OCDE.

Chaque année, l’Organisation de coopération et de développement économiques passe au crible une trentaine d’indicateurs (temps d’instruction, salaires des profs, taille des classes, budget consacré à l’éducation…) dans 35 pays membres ou partenaires.

En 2013, la France consacrait un investissement « plutôt faible » à l’école primaire, avec 7.200 dollars par élève et par an contre 8.500 en moyenne dans l’OCDE. La dépense est « équivalente » au collège avec 9.950 dollars par élève et par an en France contre 9.980 dollars dans l’OCDE. La France consacre en revanche un investissement « très élevé » au lycée avec 13.600 dollars par élève et par an contre 10.000 dans les pays développés.

Pour l’enseignement supérieur, le coût annuel par étudiant s’établit à 16.200 dollars dans l’Hexagone, contre 15.200 pour la moyenne des pays de l’OCDE.

La loi sur l’école de 2013 de l’ancien ministre Vincent Peillon a instauré « la priorité au primaire », période où s’installent les difficultés et inégalités.

Pour le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, cette priorité n’est pas assez visible sur le terrain « même si un effort a été consenti ». Plusieurs candidats à la primaire de la droite pour l’élection présidentielle de 2017 ont indiqué vouloir concentrer les moyens sur l’école primaire.

Lors de la conférence de rentrée scolaire, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a défendu un rééquilibrage des dépenses en faveur du premier degré, chiffres plus récents à l’appui, avec une dépense annuelle par écolier en hausse de 12,5%, atteignant 6.500 euros en 2017 contre 5.800 euros en 2012.

La France se distingue aussi par un corps enseignant plus jeune que chez certains de ses voisins, avec 26% d’instituteurs âgés de moins de 50 ans. Les enseignants du primaire français touchent un salaire, primes comprises, inférieur de 12% à la moyenne de l’OCDE, selon le rapport. Ce chiffre ne tient pas compte de la récente augmentation de leur prime ISAE.

En termes de dépenses dans l’Éducation, la France se situe dans la moyenne de l’OCDE avec 5,3% du PIB (dépenses publiques et privées).

« Sur l’aspect purement quantitatif, le système français se porte bien », a estimé Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE, lors d’une conférence de presse. « Aujourd’hui, l’enjeu c’est d’aller vers quelque chose de plus qualitatif ».

Après la réforme des rythmes scolaires en primaire étalée sur les rentrées 2013 et 2014, la France reste « le pays avec le plus petit nombre de jours d’école » annuels. « Il serait temps de passer à un débat qualitatif et de repenser ce qu’on peut faire en termes d’éducation avec cette matinée supplémentaire », a-t-il plaidé.

Interrogé à propos des déclarations sur l’éducation en période de pré-campagne électorale, il a répondu: « On a l’impression que pour l’instant on en parle très peu et qu’on continue dans des débats purement quantitatifs », a-t-il regretté, citant en exemple les débats sur la fatigue des enfants ou sur le nombre d’heures de latin. « Il faudrait que tout le monde prenne de la hauteur ».

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