Najat Vallaud-Belkacem veut « un master réformé » à la rentrée 2017

Alors que la CPU défend la sélection entre M1 et M2, Najat Vallaud-Belkacem souhaite au contraire la supprimer. Et instaurer un "recrutement objectif" à l’entrée en master.

Najat Vallaud-Belkacem (photo Benjamin Géminel / Licence CC / Wikimedia)

Najat Vallaud-Belkacem (photo Benjamin Géminel / Licence CC / Wikimedia)

Alors que les affaires opposant des étudiants écartés du Master 2 et leurs établissements se multiplient, et que la Conférence des Présidents d’Université demande au gouvernement “d’assumer” la sélection en master, Najat Vallaud-Belkacem « pense qu’il faut une loi » pour, au contraire, « en sortir ». La ministre souhaiterait ainsi réformer le master à la rentrée 2017.

Institué en 2002 lors de la création du LMD (licence-master-doctorat), ce cycle a remplacé les DEA et DESS. « Mais la sélection qui existait à bac+4 avant la réforme, a été conservée et se retrouve au milieu du master (entre M1 et M2) », déplore la ministre de l’Education Nationale dans une interview aux Echos.

Après avoir discuté avec des universités et « des organisations étudiantes et syndicales » pendant plusieurs mois, Najat Vallaud-Belkacem considère que « les conditions sont réunies pour avancer ». Son objectif : « que les universités puissent recruter à l’entrée du master », avec un « diplôme conçu comme un cursus de 4 semestres qui ne s’arrête pas en plein milieu ».

La ministre considère en outre que tout titulaire de licence devrait « se voir proposer une poursuite d’études en master s’il le souhaite », et qu’il n’est plus possible « d’abandonner ceux qui veulent continuer après la licence », un diplôme qui « ne suffit pas à s’insérer dans le monde professionnel ».

« Une orientation maîtrisée » à l’entrée du master

Dans son interview aux Echos, Najat Vallaud-Belkacem semble répondre à la CPU, qui demande que l’on puisse « continuer à faire en faire en sorte que les étudiants issus de la même université puissent être orientés, sélectionnés entre le M1 et le M2. » En mai 2016, pour « sécuriser la rentrée », le ministère avait adopté un décret autorisant 1300 masters à opérer une sélection de leurs étudiants entre le M1 et le M2. Mais selon la ministre de l’Education Nationale, bien décidée à la supprimer, « cette solution ne peut qu’être temporaire », car « se heurter à une barrière au milieu » du cycle est « inacceptable ».

« Que deviennent les jeunes recalés ? Doivent-ils arrêter leurs études ? », s’interroge la ministre, qui rappelle que la France « manque de diplômés » de niveau master. Pour elle, « faire le tri comme le suggèrent les partisans de la sélection pure est un luxe que notre pays ne peut pas se permettre ».

Pour « construire de vrais masters de 2 ans », organiser une « orientation maîtrisée » et en finir avec « un système qui conduit beaucoup d’étudiants à bricoler leurs parcours » ou à « redoubler artificiellement leur M1 », le recrutement à l’entrée en master reposerait sur « des critères objectifs », fondés sur « la motivation, le niveau pédagogique et le projet de l’étudiant ». Najat Vallaud-Belkacem poursuit l’objectif de « diplômer 25 % d’une génération » au niveau master.

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