Macron à Bobigny: « On a fait trop de promesses » en banlieue

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Emmanuel Macron a dénoncé lundi à Bobigny, lors de son premier déplacement en banlieue, « le clientélisme » et les trop nombreuses « promesses » et « concessions » selon lui faites par le passé aux habitants des quartiers populaires.

« Je ne ferai pas de promesses. Je vais d’abord écouter, je ferai ensuite des propositions » car, en banlieue, « on a fait trop de promesses, parfois aussi trop de concessions et dans les deux cas bien souvent par clientélisme », a déclaré l’ancien ministre de l’Economie lors d’une visite au Campus des métiers de l’entreprise à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

« Pour avoir le soutien (des populations, ndlr), on a expliqué qu’on allait protéger tel ou tel intérêt, qu’on allait accepter des choses qui ne sont pas conformes aux lois de la République », a-t-il déploré.

Surtout, à trop promettre, « on crée de la déception ou de la séparation, donc l’approche que je vais avoir c’est d’abord une approche d’écoute, d’humilité », a poursuivi M. Macron.

M. Macron, qui a démissionné mardi de ses fonctions mais n’a pas encore dévoilé ses intentions sur la présidentielle de 2017, s’est rendu dans ce centre de formation et d’apprentissage (CFA) à l’invitation de Patrick Toulmet, le président de la chambre des métiers et de l’artisanat de la Seine-Saint-Denis, qui est l’un de ses soutiens déclarés.

L’ancien ministre, pour qui la formation est la clé de la réussite, s’est entretenu tout le long de la matinée avec des apprentis de ce centre qui forme 1.400 jeunes de 16 à 25 ans à 18 métiers, de la coiffure à la carrosserie en passant par la pâtisserie ou la prothèse dentaire.

Ces jeunes à la réussite souvent brillante ne doivent pas être l’exception dans ces territoires plombés par le « chômage de masse », où « il n’y a plus de mobilité géographique ».

« Quand on a des parents qui n’ont pas eu d’emploi depuis des années, qu’on a été en situation d’échec scolaire, on se trouve enfermé dans une condition qu’on ne supporte plus », a décrit l’ancien ministre.

Et, quand s’ajoutent à cette « angoisse » des « sujets identitaires », cela « peut donner le sentiment à certaines populations d’être stigmatisées », d’où la nécessité « de séparer tous ces sujets, de ne pas tout confondre ».

Avant de partir, Emmanuel Macron a fait une promesse: celle de revenir « dans les prochaines semaines en banlieue » pour écouter ces « gens qui ont des idées, qui ont envie de s’exprimer, de dire ce qu’ils vivent ».

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