Nouvelles directives contre la pédophilie chez les jésuites de France

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La province de France de la Compagnie de Jésus (jésuites), éclaboussée par les scandales pédophiles qui ont secoué l’Eglise catholique au printemps, « renforce » à son tour la lutte contre les abus sexuels en précisant les règles à observer, a-t-elle annoncé jeudi.

Un « document d’orientation » de 13 pages est diffusé en cette rentrée scolaire auprès des quelque 400 jésuites de la province et des chefs de leurs 14 établissements scolaires (27.000 élèves).

La province « réaffirme ainsi sa ferme volonté de tout mettre en oeuvre pour que des situations d’abus sexuels la concernant ne se produisent plus », précise un communiqué. Ce protocole a été réalisé en « concertation avec la Conférence des évêques de France » (CEF), qui avait pris de nouvelles mesures à la mi-avril.

Les jésuites de France ont tenu à rédiger leur propre document car ils ne dépendent pas directement de la CEF et appartiennent à une province dont les frontières dépassent le cadre national en englobant la Grèce et l’Île Maurice.

« Toute suspicion suffisante d’abus sexuel doit faire l’objet d’un signalement sans délai à l’autorité judiciaire », souligne le document, qui énumère les règles à observer dans les relations avec les mineurs et annonce la mise en oeuvre d’un « programme de formation » des jésuites dans ce domaine. Le traitement des cas anciens, même ceux dont les auteurs seraient décédés, est évoqué.

Les jésuites avaient été mis en cause en avril après des accusations d’attouchements visant l’un de leurs membres, mort en 2000. Un ancien élève du lycée parisien Saint-Louis de Gonzague (« Franklin »), avait alerté l’établissement en 2010 et réclamé une enquête interne mais le provincial, le Père Jean-Yves Grenet, lui avait opposé une fin de non-recevoir. Le Père Grenet avait dit en avril « regretter profondément » l' »attitude d’attente » qui avait été la sienne.

En juin, la province s’était vu reprocher sa discrétion concernant la condamnation en avril 2015 à deux ans de prison avec sursis, notamment pour atteintes sexuelles sur mineurs, du Père Dominique Peccoud, ancien directeur des études de Sainte-Geneviève à Versailles (« Ginette »). Ce retraité, privé de ministère mais qui a continué jusqu’à récemment à s’exprimer publiquement, sera rejugé à Grenoble le 7 septembre. « Une fois le jugement rendu en appel, les autorités de l’Eglise » prendront à son égard des « mesures définitives », a promis la province.

« Il n’y a aucune autre affaire concernant des jésuites », a précisé à l’AFP le Père Arnaud de Rolland, « socius » (assistant) du provincial.

La province a créé en 2014 un « groupe d’accueil et de veille » pour tout abus, notamment sexuel. Depuis avril, ce groupe a été « contacté par moins de dix personnes, pour des situations diverses », selon le Père de Rolland.

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