Manifestation de parents contre la réintégration d’un instituteur aux méthodes controversées

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Des parents d’élèves, soutenus par des élus, ont manifesté mercredi soir à Grenoble contre la réintégration d’un instituteur suspendu deux ans par l’Education nationale pour son « comportement agressif » et des « mesures vexatoires » envers ses élèves.

Entre 150 et 200 parents d’élèves, portant des pancartes « protégeons nos enfants » ou demandant « une rentrée sereine » se sont rassemblés devant l’école Bizanet dans le centre-ville.

« Nous n’imaginons pas que nos enfants puissent s’épanouir avec cet enseignant. Nous ne voulons pas vivre avec la peur au ventre », a lancé au micro Delphine Ropers, présidente de l’association des parents d’élèves.

En janvier 2014, l’instituteur, alors en poste à l’école Menon, voisine, avait fait l’objet d’une suspension disciplinaire de deux ans à la suite de plusieurs incidents avec des élèves.

Il avait contesté cette décision en justice. Mais dans un jugement du 29 octobre 2014 rejetant sa requête, le tribunal administratif de Grenoble soulignait que l’intéressé avait « avec ses élèves un comportement qui peut être agressif, brusque, voire brutal et s’accompagner de mesures vexatoires ».

« Il profère des insultes à l’encontre de certains de ses élèves, fait des remarques particulièrement méprisantes et tient régulièrement des propos orduriers et grossiers », pointait aussi le tribunal. L’enseignant a fait appel de ce jugement.

Dans une frise historique donnée à des élèves de CE2, il faisait apparaître les « camps de concentration » parmi les « constructions » notables du XXe siècle au même titre que les gratte-ciel ou que la Tour Eiffel et les cathédrales pour les époques antérieures.

L’ancienne ministre et députée de l’Isère Geneviève Fioraso (PS) ainsi que le maire de Grenoble Éric Piolle (EELV) sont intervenus auprès de l’Education nationale au début de l’été pour que cet enseignant ne soit pas réintégré dans un établissement aussi proche du précédent.

« Il est anormal qu’un enseignant qui a eu ce type de comportement puisse enseigner à nouveau », estime même Mme Fioraso, soulignant que certains enfants « suivent encore une psychothérapie ».

L’enseignant « a purgé sa condamnation, donc il a droit au réemploi à l’Education nationale dans les fonctions qui étaient les siennes antérieurement », a affirmé pour sa part l’inspectrice d’académie Dominique Fis, en évoquant une question « délicate du point de vue juridique ».

« Il est titulaire et a le droit d’enseigner. Ce ne sont pas les parents d’élèves qui choisissent leur enseignant », a jugé quant à lui Me Jean-Yves Balestas, avocat de l’instituteur.

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