« Anticiper, sécuriser, savoir réagir » : le plan de sécurisation des écoles, collèges et lycées

Pour sécuriser les établissements scolaires, le plan du ministère est "d'anticiper", mais aussi d'apprendre à "savoir réagir", avec notamment un "scénario attentat-intrusion".

Najat Vallaud-Belkacem, Bernard Cazeneuve et Stéphane Le Foll, le 24/8/2016

N. Vallaud-Belkacem, B. Cazeneuve et S. Le Foll, 24/8/2016

Au lendemain des attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, en juillet 2016, les ministères de l’Education et de l’Intérieur avaient adressé des instructions aux recteurs et préfets, faisant de la sécurité des établissements scolaires une « priorité absolue ».

Les collectivités territoriales, mais aussi la communauté éducative, étaient incités à « s’impliquer pour prévenir la menace » terroriste, en préparant les écoles et les établissements.

Parmi les mesures listées dans la circulaire rédigée le 29 juillet par Najat Vallaud-Belkacem et Bernard Cazeneuve : le renforcement de la surveillance aux abords des établissements, la formation des personnels d’encadrement à la « gestion de crise », et la « mise à jour » du PPMS (plan particulier de mise en sûreté) (1).

Le 24 août, les ministres de l‘Education Nationale et de l’Intérieur, décidés à travailler de concert pour « protéger élèves, enseignants et personnels », sont entrés dans les détails de leur « plan », qui repose sur 3 « piliers » : « anticiper – sécuriser – savoir réagir ».

Une « coordination à tous les échelons »

école de la République

Ecole de la République © NANCY – Fotolia.com

Pour mieux « anticiper », une « coordination renforcée à tous les échelons » sera mise en oeuvre. Une « cellule de crise » sera créée dans chaque académie, dont les membres seront formés à la « gestion de crise ». Des « correspondants Education Nationale » seront désignés par le recteur pour participer aux cellules de crise préfectorales.

A l’échelle départementale, avant la rentrée 2016, chaque préfet réunira un « état-major départemental de sécurité », consacré à la « protection des espaces scolaires », réunissant des responsables des forces de sécurité intérieure, du SDIS, de l’Education Nationale et du Ministère de l’Agriculture (qui s’occupera des établissements scolaires agricoles).

De leur côté, 131 « référents sûreté » de la Gendarmerie nationale, désignés par les académies, auront pour mission « d’accompagner » les écoles, collèges et lycées, dans la mise en oeuvre des PPMS (pdf) et des « diagnostics de sécurité ».

Des formations à la « gestion de crise »

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Ecole primaire, salle de classe / Licence CC Wikimedia / Marianna

Pour « sécuriser » chaque établissement, « il ne s’agit pas de faire endosser par les profs des compétences qui ne sont pas les leurs », explique Najat Vallaud-Belkacem. Ainsi, pas question de transformer les enseignants en surveillants : la surveillance à proximité des écoles, collèges, lycées et universités sera effectuée par des « patrouilles mobiles » (toute l’année), des gendarmes et des policiers.

Najat Vallaud-Belkacem annonce en parallèle la formation de 500 cadres de l’éducation nationale à la « gestion de crise, dans les centres de formation du ministère de l’intérieur. En outre, les recteurs et leurs équipes seront eux-aussi « formés à la gestion de crise » d’ici « la fin de l’année 2016 ».

Des travaux de sécurisation « soutenus »

En ce qui concerne les « travaux d’urgence » et de « sécurisation » des écoles et établissements scolaires réalisés dans l’avenir par les collectivités territoriales, le gouvernement allouera 50 millions d’euros supplémentaires au Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), qui permettra par exemple de « soutenir » l’installation de caméras, ou encore la construction de murets dans un établissement.

Des « guides » pour informer les familles

guide-securite-attentats-parents

Guide sur la sécurité, remis à la rentrée 2016 aux parents d’élèves.

Outre 2 guides destinés aux directeurs d’école (pdf) et aux chefs d’établissement (pdf), d’autres seront mis à disposition des parents d’élèves. Ces petits guides à destination des familles d’écoliers (pdf), de collégiens ou de lycéens (pdf), informent sur le PPMS et appellent à la « vigilance quotidienne de tous », en conseillant par exemple aux parents de « ne pas s’attarder devant les portes d’accès pendant la dépose des enfants ».

Au-delà de ces guides, chaque école devra consacrer, lors des réunions de rentrée, un « temps à la sécurité », afin de répondre aux « questions éventuelles » des familles. Les collèges et lycées informeront de leur côté les parents des « mesures prises pour sécuriser » les établissements scolaires.

« Savoir réagir »

Le plus gros changement lié à la sécurisation des établissements scolaires et des écoles concernera le PPMS. Outre une meilleure présentation aux enseignants de cet exercice de mises à l’abri et de confinement lors de la pré-rentrée, le PPMS comportera, parmi les 3 « exercices obligatoires » à réaliser pendant l’année scolaire, un nouveau « scénario » : « l’attentat-intrusion » d’un terroriste dans l’établissement.

"Vigilance attentats : les bons réflexes" - Guide à destination des chefs d’établissement, des IEN et des directeurs d’école

« Vigilance attentats :
les bons réflexes » – Guide à destination
des chefs d’établissement,
des IEN et des directeurs d’école

Décrit dans les guides destinés aux parents d’élèves, il « introduit dans le PPMS une nouvelle posture » : « s’échapper – se cacher – s’enfermer ». Il s’agit par exemple de chercher à s’échapper des lieux « dans le silence absolu », en « utilisant un itinéraire inconnu », ou en « prenant la sortie la moins exposée ». « Ce scénario devra être réalisé en priorité sur les deux autres du PPMS, de préférence avant les vacances de la Toussaint », indique Najat Vallaud-Belkacem.

A l’école, « pour les plus jeunes », l’approche ne sera pas « frontale », mais « ludique », afin de favoriser « l’acquisition » de « bons réflexes » tout en « évitant tout scénario anxiogène ». Ainsi, décrit la ministre, « les exercices sont courts et progressifs, se faisant sous la forme de jeux : il faut ‘se cacher’ et jouer au ‘roi du silence’, par exemple ». Au collège et au lycée, « les enjeux seront par contre abordés plus directement ».

Premiers secours et gestes qui sauvent

Enfin, l’Education Nationale met l’accent sur l’apprentissage des premiers secours. L’objectif : former ou initier aux premiers secours la totalité des élèves de 3e (soit plus de 810 000 élèves) d’ici la fin de l’année scolaire 2016-2017.

Les collégiens et lycéens ayant un « mandat » (délégués de classe, élus au conseil de la vie lycéenne) bénéficieront, à leur demande, d’une formation aux « premiers secours » ou aux « gestes qui sauvent » – afin de « devenir acteurs de la sécurité civile », explique Najat Vallaud-Belkacem.

Pas de paranoïa, mais « une culture de la gestion du risque »

Pour la ministre, l’objectif de l’ensemble de ces mesures est de « développer dans l’institution scolaire une culture pérenne de la gestion du risque et de la sécurité ». Ainsi, « l’école est menacée, directement », et « s’il ne s’agit pas de tomber dans la panique ou la paranoïa », l’idée est « de tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des enfants », conclut-elle.

Note(s) :
  • (1) PPMS : ce plan prend en compte les risques liés à des

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