Investir dans l’école primaire : « une nécessité incontournable » et urgente (SNUipp)

Pour le syndicat, il faut "investir dans le primaire sur un temps long". Notamment en créant davantage de postes, et en revoyant la formation, tant continue qu'initiale.

Les portes manteaux à l'école © kriss75

Les portes manteaux à l’école © kriss75

Pour le SNUipp-FSU, « investir dans l’école » primaire et ses personnels est « une nécessité incontournable ». Le premier syndicat des enseignants du primaire, qui faisait sa conférence de rentrée lundi 22 août, a mis l’accent, comme l’année dernière, sur l’importance du premier degré.

Parmi ce que Francette Popineau, Régis Metzger et Christian Navarro, les nouveaux co-secrétaires généraux du SNUipp, voudraient « voir changer », figurent le niveau des salaires des profs des écoles, les taux d’encadrement et les temps d’enseignement « qui restent parmi les plus élevés en Europe », et « l’absence de formation continue, malgré de nombreuses annonces ».

« Des problèmes de remplacement et de recrutement à la rentrée »

Pour Francette Popineau, le gouvernement doit « investir dans l’école primaire sur un temps long ». Si les gouvernements successifs de François Hollande ont consenti à « un réel effort », avec 30.000 postes créés depuis 2012, « tous n’ont pas été pourvus » et « les professeurs des écoles (PE) ne perçoivent aucun changement ». Selon la porte-parole du syndicat, « il y aura probablement des problèmes de remplacement et de recrutement à la rentrée ».

En outre, la taille des classes en primaire « n’ont pas assez diminué ». Selon le SNUipp (pdf), le nombre moyen d’élèves par classe est de 25,7 en maternelle et de 23 en élémentaire, mais « la taille des classes est loin d’être homogène sur l’ensemble du territoire ». Ainsi, plus de 8% des classes maternelles (7 303 classes) « sont à plus de 30 élèves », et « plus d’une classe sur deux dépasse l’effectif de 25 élèves ».

Selon le syndicat des profs des écoles, la France se situe « au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE et bien au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne » : en Italie et en Finlande, on compte ainsi 1 enseignant pour 19 élèves ; en Belgique et en Espagne, on compte 1 prof des écoles pour 20 enfants… quand en France, 1 enseignant de primaire se retrouve en moyenne face à une classe de 22 à 23 élèves.

Taille moyenne des classes primaires publiques en 2013 / OCDE / SNUipp

Taille moyenne des classes primaires publiques en 2013 / OCDE / SNUipp

Création de postes : « le gouvernement doit aller plus loin »

Une situation qui pourrait vite s’avérer problématique, en raison des effectifs en hausse annoncés pour la rentrée : selon une étude de la Depp, le nombre d’élèves à l’école élémentaire devrait augmenter de 24.100 élèves en septembre 2016, pour un effectif de 4 217 100 enfants. Pour Francette Popineau, il manquera entre 7000 et 8000 postes à la rentrée, « nécessaires pour redonner du souffle dans les écoles ».

Régis Metzger, Francette Popineau et Christian Navarro, les nouveaux co-secrétaires généraux du SNUipp-FSU

Régis Metzger, Francette Popineau et Christian Navarro, les nouveaux co-secrétaires généraux du SNUipp-FSU.

Et même si le gouvernement a annoncé début juillet, la revalorisation de 2,15 milliards d’euros du budget alloué à l’Education nationale pour 2017, ainsi que la création dans le primaire à la rentrée 2017 de 4311 postes, « on pourrait aller plus loin : il aurait fallu 7 900 embauches à la rentrée prochaine pour honorer la promesse de créer 20 000 postes dans le premier degré durant le quinquennat », estime Francette Popineau.

En ce qui concerne le salaire des profs des écoles, la revalorisation de 1,2 % du point d’indice, « après un gel des salaires de 6 années », reste « insuffisante » pour le syndicat. Ainsi, « un véritable plan de rattrapage du pouvoir d’achat des fonctionnaires est nécessaire », écrit le SNUipp.

Une formation initiale et continue « remise à plat »

Le syndicat a aussi mis l’accent sur le besoin « extrêmement urgent » d’une formation continue revue et corrigée. Ainsi, à la rentrée 2016, des « changements d’ampleur » seront au menu, avec la mise en place de nouveaux cycles et de nouveaux programmes. Selon le SNUipp, « ces nouvelles orientations ne s’improvisent pas ». Or, à peine 7 départements ont proposé, au cours de l’année scolaire 2015-2016, des stages de formation continue autour des nouveaux programmes – 48 autres se contentant « d’animations pédagogiques inégales ».

Les profs des écoles stagiaires "se sentent toujours aussi débordés (72%) et stressés (62,5%)" (SNUipp)

Les profs des écoles stagiaires « se sentent toujours aussi débordés (72%) et stressés (62,5%) » (SNUipp)

« La formation continue constitue un levier majeur de la transformation de l’école. Il est urgent que le ministère débloque les moyens nécessaires », note l’organisation, qui remarque que « les enseignants français ne bénéficient en moyenne que de 2,5 jours de formation continue par an », la moyenne étant de 8 jours dans les pays de l’OCDE en 2013.

Francette Popineau propose aussi de « remettre à plat la formation initiale des enseignants », qu’elle décrit actuellement comme « médiocre ». Le SNUipp-FSU porte ainsi « un projet de formation initiale de la licence à la deuxième année de titularisation », avec un concours « sous condition de licence placé en fin de L3 », deux années de « véritable formation », sous « statut de fonctionnaire stagiaire », rémunérées et validées par un master.

Une façon de donner des armes aux instituteurs débutants : selon l’enquête menée par le SNUipp auprès des professeurs des écoles stagiaires, « l’entrée dans le métier est très difficile et stressante ». Ainsi, « 70 % des PE se sentent stressés et débordés ». La plupart déclarent « une surcharge importante de travail, soit plus de 48 h 35 min hebdomadaires en moyenne », et « se sentent insuffisamment préparés à prendre la responsabilité d’une classe ». De fait, « plus de 19 % d’entre eux n’ont pas vu de classe avant leur première rentrée ».

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