Bordeaux: le rectorat supprime un exercice « maladroit » proposant aux élèves d’écrire un discours nazi

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Le rectorat de l’académie de Bordeaux a supprimé jeudi de son site internet un exercice mis à la disposition des professeurs d’histoire-géographie de 3e sur la seconde Guerre mondiale qui, en voulant « faire valoir deux points de vue », proposait aux élèves d’écrire un discours pour le ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels.

L’exercice, accessible en ligne depuis 2014, était proposé, parmi d’autres, sur une page consacrée à un partage de ressources pédagogiques entre professeurs d’histoire-géographie de l’académie. Ces exercices, répertoriés sous le nom de « tâches complexes », prévoient de mettre les élèves en situation, en relation avec des événements historiques au programme.

Dans l’exercice concerné, consacré à la bataille de Stalingrad en 1942, les élèves étaient invités à se mettre dans la peau d’un envoyé spécial du journal de l’Armée rouge soviétique et de rédiger un article, puis dans celle d’un employé du Reich chargé par le ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels d’écrire « un discours en insistant sur les enjeux idéologiques et territoriaux de cette bataille pour l’Allemagne national-socialiste ».

« Nous avons fait retirer l’exercice du site internet car la formulation de la deuxième partie de l’exercice était maladroite », a reconnu auprès de l’AFP l’inspecteur d’académie Michel Roques, inspecteur pédagogique régional en histoire-géographie. Mercredi, des professeurs s’étaient émus sur les réseaux sociaux du contenu et de la formulation de l’exercice.

Dans ce type d’apprentissage, « les élèves ne sont pas livrés à eux-mêmes, chaque partie développe un point de vue et la confrontation se fait sous l’autorité de l’enseignant », a insisté l’inspecteur, qui a souligné que le professeur à l’origine de cette mise en situation avait déjà rempli des « fonctions de formation » et était « au-dessus de tout soupçon ».

« Se mettre dans la peau d’un fonctionnaire nazi, c’est là qu’est la maladresse », a reconnu M. Roques. Mais « ce type de travail n’est jamais fait sans accompagnement », c’est pour cela qu’il « a pu ne pas paraître particulièrement choquant à la personne qui l’a validé » sur le site de l’académie, a-t-il ajouté.

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