Les ciseaux génétiques : bienfaits et dérives

Du 17 au 22 juillet se déroule la 21ème édition de la Conférence internationale sur le SIDA où seront abordées les pistes qu’offrent les ciseaux génétiques pour le soigner. L’occasion de revenir sur un débat : progrès et dérives des ciseaux génétiques.

DNA norman blue - fotolia.com

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La Conférence internationales sur le SIDA ayant lieu du 17 au 22 juillet, abordera les pistes qu’offrent les ciseaux génétiques pour éventuellement soigner le virus du VIH.

Les ciseaux génétiques ou CRISPR-Cas9 sont un outil permettant de modifier le génome : il détecte une séquence particulière d’ADN et la coupe pour introduire une autre séquence. L’ADN, quant à lui, contient les informations génétiques d’un individu. Une modification d’une séquence d’ADN modifie donc une information génétique ; ces ciseaux génétiques peuvent alors modifier l’information génétique, le caractère souhaité.

Ils modifient le patrimoine génétique in vivo, il est possible de les utiliser dans un  tube mais aussi directement dans les cellules vivantes.

Des expériences menées à des fins thérapeutiques

Plusieurs expériences ont été menées avec les ciseaux génétiques, notamment avec des animaux.

Des chercheurs ont ainsi réussi à soigner la maladie de Duchenne, une dystrophie musculaire, chez la souris qui a pu retrouver sa force musculaire. Pour cela, les chercheurs ont introduit dans des souris malades le gène DMD codant la protéine dystrophine, responsable du maintien de la fibre musculaire, avec l’aide des ciseaux génétiques. L’absence de ce gène provoque un affaiblissement progressif des muscles.

Autre exemple, les éleveurs ont pour habitude d’écorner leurs vaches pour leur sécurité et celle des autres animaux. Cependant, c’est un processus lourd et donc, les chercheurs ont décidé de créer des vaches sans cornes. Avec les ciseaux génétiques, ils ont prélevé la séquence d’ADN des vaches sans cornes pour les introduire dans les vaches avec cornes.

Des chercheurs sont passés à une autre étape et ont testé les ciseaux génétiques sur l’homme. Plus précisément sur l’embryon humain, pour réparer un gène responsable d’une maladie sanguine héréditaire. Cependant, l’expérience n’a pas été concluante, sur 86 embryons, les ciseaux n’ont pu couper l’ADN que de 28 d’entre eux ; et encore, parmi ces derniers, seuls quatre ont vu leurs gènes remplacés. De plus, il a été observé des mutations inattendues et non contrôlées sur l’ADN de gènes non ciblés.

Les ciseaux génétiques peuvent donc être utilisés à des fins thérapeutiques pour la recherche sur les maladies, cependant, la technique n’est pas au point pour être utilisée sur les embryons humains à cause des mutations.

Des questions d’ordre éthique et de biodiversité des espèces

L’expérience menée sur les embryons humains pose des problèmes pour le futur car la modification des gènes est transmissible à la descendance et est irréversible. Bien que la technique ne soit pas prête à être utilisée sur l’homme, elle suscite des débats sur le génome humain. Possibilité ou non de modifier le génome humain, et si tel est le cas, quelle limite imposer+ ?

A titre d’exemple, la Grande-Bretagne a autorisé en février des manipulations sur l’embryon humain (devant être obligatoirement détruit plus tard) avec les ciseaux génétiques afin de mieux comprendre les premiers jours du développement embryonnaire humain concernant les fécondations in vitro.

A côté de cette recherche positive, des dérives existent et c’est précisément ce qui inquiète les scientifiques, et en premier lieu Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, les scientifiques ayant mis au point les ciseaux génétiques. Elles craignent qu’ils ne soient utilisés à mauvais escient, à des fins esthétiques par exemple, pour créer des bébés correspondant aux idéaux des parents.

Mais les ciseaux génétiques posent également problème concernant la biodiversité des espèces. Des chercheurs ont ainsi pu rendre stériles des moustiques tigres pour limiter la propagation de la dengue, qui pourrait mener à terme, à la destruction pure et simple de l’espèce. Cet aspect positif cache cependant un danger réel. Les chercheurs pourraient éliminer à leur guise n’importe quelle espèce et cela pourrait provoquer un déséquilibre au niveau de l’écosystème.

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