Service civique: une mission parfois dévoyée

Le service civique est un engagement volontaire de 6 à 12 mois. Indemnisé, le volontaire exerce une mission d'intérêt général auprès d'un organisme d'accueil. Avec parfois des écueils.

Service civique - Alexander Raths - fotolia.com

Service civique – Alexander Raths – fotolia.com

Créé par la loi du 10 mars 2010, le service civique a comme objectif de « renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale » et d’offrir aux volontaires « l’opportunité de servir les valeurs de la République et de s’engager en faveur d’un projet collectif en effectuant une mission d’intérêt général », portant sur l’éducation, la santé, le sport, la solidarité

Il s’adresse aux jeunes de 16-25 ans, sans condition de diplômes, seule compte la motivation.

Dans le cadre du renforcement de la cohésion nationale et de la mixité sociale, le service civique contribue aussi à lutter contre le décrochage scolaire.

Le service civique est du volontariat, indemnisé à hauteur de 573€ net par mois, il « vise à apporter un concours personnel et temporaire à la communauté nationale dans le cadre d’une mission d’intérêt général et à développer la solidarité et le sentiment d’appartenance à la Nation ».

Un emploi déguisé

Fort du succès du service civique auprès des jeunes (quatre fois plus de candidats que de missions disponibles), le Président François Hollande déclarait souhaiter cette année proposer 150 000 missions civiques.
Mais parallèlement, Florian Martines, porte-parole du syndicat Asso Solidaire rappelle la « crise du financement associatif ». Elle touche particulièrement les petites associations, qui, par manque de moyens, préfèrent employer des volontaires car leur coût sera moins conséquent qu’un salarié classique. En effet, un volontaire ne leur coûtera qu’une centaine d’euro.

Le service civique est ainsi exploité assez largement par ces associations, qui en retirent des bénéfices importants : une main d’œuvre bon marché, et généralement diplômée (bac+3 voire bac+5). Certaines font ainsi du service civique un emploi déguisé, en déléguant aux volontaires des « missions courantes de la structure », sortant du cadre du volontariat.

Une échappatoire à la précarité de l’emploi

Autre problème : bien qu’il n’y ait pas d’exigence de diplôme pour effectuer un service civique, de plus en plus de diplômés s’engagent, le plus souvent faute d’expérience professionnelle. En effet, avec un taux de chômage des jeunes 15-24 ans s’élevant à 24,2% (INSEE 2016 1er trimestre ), le service civique est perçu comme « un outil d’insertion » ou bien comme « une alternance à l’inactivité ».

En effet, pour près de 61% des anciens volontaires (pdf-2076 ko), le service civique représente un tremplin pour la recherche d’emploi (pdf-279 ko) par son aspect professionnalisant.

A  titre d’exemple, près de la moitié des candidats au service civique étaient en recherche d’emploi ou de stage avant d’effectuer leur service civique, et la moitié d’entre eux ont pu en trouver un après leur engagement.

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