IUT de Saint-Denis: Samuel Mayol, directeur contesté, reprend ses fonctions

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Figure d’une laïcité offensive, Samuel Mayol a repris mardi ses fonctions à la tête de l’IUT de Saint-Denis et assuré vouloir régler la crise qui secoue l’établissement, sur fond de supposées dérives communautaristes, « en bonne intelligence » avec le nouveau président de Paris XIII.

Relaxé des griefs qui lui valaient d’être suspendu depuis novembre par la présidence de Paris XIII, M. Mayol a été réintégré mardi dans ses fonctions de directeur, a annoncé l’université dans un communiqué.

« Je me suis remis au travail ce matin », a déclaré M. Mayol à l’AFP, se disant déterminé à « aller de l’avant » dans l’intérêt de cet établissement de 2.000 étudiants en banlieue parisienne.

L’ancien président de Paris XIII, Jean-Loup Salzmann, en conflit aigu avec M. Mayol depuis plus de deux ans, avait engagé une procédure disciplinaire contre lui. Un administrateur provisoire avait été nommé.

La présidence accusait le directeur d’avoir favorisé sa femme dans l’attribution d’un marché de formation professionnelle et mis en place un « système occulte d’attribution de jours de congés ».

Surtout, elle l’accusait d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association étudiante musulmane pour faire croire à l’existence de graves atteintes à la laïcité sur le campus.

Saisie de ces faits, la section disciplinaire de l’université de Bordeaux, qui s’était vu confier ce dossier pour garantir l’impartialité de l’instruction, a prononcé la semaine dernière la relaxe de M. Mayol sur tous ces griefs.

Le nouveau président de Paris XIII, Jean-Pierre Astruc, « prend acte de cette décision et ne fera pas appel », écrit l’université.

Elle ajoute que le président et le directeur, qui se sont vus mardi matin, « souhaitent travailler ensemble et en relation de confiance pour le bien des étudiants et des personnels de l’IUT ».

« Je n’ai aucune inquiétude sur les relations que nous allons pouvoir entretenir. On va régler la crise ensemble, en très bonne intelligence », a affirmé M. Mayol, à qui le Premier ministre Manuel Valls avait apporté son soutien au plus fort de la crise.

Début mars, un rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) sur la crise à l’institut avait brocardé la gestion trop « affective » de M. Mayol tout en critiquant l’université pour n’avoir pas su créer des « relations de confiance » avec l’IUT.

L’IGAENR avait constaté que l’absence du directeur avait permis de rétablir un climat serein dans l’établissement qui s’était trouvé dépassé par une affaire à portée nationale.

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