Drapeau en classe, hymne national, uniforme: débats agités à l’Assemblée nationale

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Paroles de la Marseillaise et drapeau dans toutes les classes, uniforme à l’école: la tentative de députés Les Républicains d’inclure ces mesures dans le projet de loi « Egalité et Citoyenneté » a suscité des échanges vifs avec la gauche mercredi à l’Assemblée, où elle a échoué.

Dans l’exposé de son amendement sur l’hymne et le drapeau, Bernard Debré a considéré que « l’école de Jules Ferry est devenue l’école des différences, de l’indiscipline et parfois du rejet des valeurs de notre République », vu « les réactions de certains élèves à la suite des attentats de Paris de janvier et de novembre 2015 ».

Eric Ciotti a défendu « un enjeu essentiel » dans « une République où il y a tellement d’atteinte à nos valeurs ».

« Vous n’avez pas le monopole du patriotisme », a lancé le ministre de la Ville, Patrick Kanner.

La loi sur la refondation de l’école de 2013, ont insisté le ministre et des socialistes, prévoit déjà un certain nombre de dispositions de ce type. Les élèves doivent apprendre l’hymne national comme l’hymne européen. La devise de la République et le drapeau tricolore doivent être apposés sur le fronton des établissements, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 doit être affichée dans les écoles.

Ecologiste désormais non inscrite, Isabelle Attard a objecté que, pour développer le sentiment d’appartenance, « les actes comptent beaucoup plus que les mots », notamment en faveur de la « solidarité » et la « justice sociale ».

Elle a aussi considéré que certains propos de M. Ciotti renvoyaient à « une période sombre de notre Histoire ». Ce que le député et président LR du conseil départemental des Alpes-Maritimes a dénoncé comme « indigne de ceux qui ont défendu le drapeau ».

Chef de file des députés Front de Gauche et ancien principal de collège auvergnat, André Chassaigne a appelé à « arrêter les postures », disant constater une évolution des enseignants vers une valorisation accrue des symboles républicains.

Une « tenue commune » pour tous les élèves, « comme dans la quasi totalité des pays » selon M. Debré, permettrait qu’il n’y ait « pas de distinction sociale, de considération religieuse » visibles et de renouer avec un « roman national » marqué par les « hussards noirs de la République », pour M. Ciotti.

« L’enjeu de la transmission des valeurs ne peut être réduit à une question d’habillement ou à la nostalgie d’un autre temps », a rétorqué le ministre, critiquant une mesure d' »autoritarisme » rejetée par les fédérations de parents d’élèves et syndicats enseignants. Le gouvernement ne veut pas « donner l’apparence de l’égalité mais avancer avec des leviers plus efficaces », comme recréer des postes supprimés sous le quinquennat Sarkozy.

Les députés LR, soutenus par l’UDI, ont également tenté, en vain, de rétablir des « contrats de responsabilité parentale » permettant de suspendre les allocations familiales face à l’absentéisme scolaire. « Politique du bâton qui tape à côté », pour M. Kanner.

Comme lui, la rapporteure Valérie Corre (PS) a défendu le dialogue et l’accompagnement des parents, dont la « démission est un mythe ».

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