Isère: la justice prolonge le placement de trois enfants autistes

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Un juge des enfants du tribunal de Grenoble a confirmé vendredi le placement de trois enfants autistes, dont les associations ont fait un cas emblématique « de placement abusif » dû, selon elles, à une méconnaissance de ce handicap.

« Les éléments de danger à l’origine de l’éloignement des mineurs ont été abondamment développés dans les décisions de justice (précédentes, ndlr) et conservent leur pertinence à ce jour. La demande (…) de voir lever les placements en cours ne peut donc qu’être rejetée », écrit le juge dans une décision consulté par l’AFP, en prolongeant le placement jusqu’au 30 juillet 2017.

L’avocate de la mère, Me Sophie Janois, a indiqué qu’elle ferait appel de ce jugement.

Les trois enfants, deux garçons de 5 et 7 ans et une fille de 10 ans, sont placés séparément en famille d’accueil et en pouponnière depuis l’été 2015. Leur mère, prénommée Rachel et qui réside à Saint-Marcellin (Isère), ne les voit que deux fois par mois lors de visites tenues en présence d’un tiers.

Dans un arrêt de février 2016, consulté par l’AFP, la cour d’appel de Grenoble avait estimé que les enfants devaient être « protégés de la représentation invalidante et alarmiste » que leur mère avait d’eux. Les magistrats décrivaient un « comportement maternel inquiétant », empreint de « nomadisme médical » parasitant la scolarité des enfants, leur mère s’obstinant « à vouloir confirmer sa perception d’un handicap chez ses enfants ».

La cour soulignait aussi la « bonne évolution globale des enfants » depuis leur placement, ce qui « pourrait venir d’ailleurs corroborer le diagnostic de syndrome de Münchhausen par procuration » (la mère rendant ses enfants malades).

Les trois enfants ont pourtant été diagnostiqués autistes par l’équipe du Dr Sandrine Sonié, coordinatrice du Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes, selon les associations qui soutiennent Rachel.

L’aînée est atteinte du syndrome d’Asperger, comme sa mère. Le cadet est atteint d’un trouble envahissant du développement non spécifié. Enfin, le benjamin présente les signes « d’un trouble du spectre de l’autisme », selon l’arrêt de la cour d’appel.

Près de deux cents associations soutiennent le combat de Rachel. Le 25 janvier, devant le congrès d’Autisme France, la secrétaire d’État aux personnes handicapées Ségolène Neuville s’était dite « totalement mobilisée pour que cette maman puisse le plus rapidement possible retrouver ses trois enfants ».

Au coeur du problème, les associations dénoncent les « dysfonctionnements » de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et une « vision préhistorique de l’autisme » basée sur une approche psychanalytique.

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