Brexit: pas de conséquence à court terme pour les échanges étudiants (universités françaises)

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Le vote des Britanniques pour une sortie de l’UE « n’aura pas de conséquence à court terme » pour les échanges étudiants dans le cadre d’Erasmus, a assuré vendredi le président de la Conférence des présidents d’universités (CPU) françaises, qui s’interroge cependant sur la suite.

« Il faut que les étudiants français et britanniques soient rassurés: il n’y aura pas de conséquence pour l’année universitaire en cours ou en 2016/17 », a déclaré à l’AFP Jean-Loup Salzmann, président de la CPU. « Ensuite, il va falloir attendre les négociations, qui pourront prendre plus de deux ans ».

La Grande-Bretagne a accueilli 27.400 étudiants européens dans le cadre d’Erasmus en 2014 et a envoyé 15.000 des siens dans l’UE, selon les chiffres de la Commission européenne. Quelque 4.500 Britanniques se sont rendus en France et 6.800 Français sont partis étudier de l’autre côté de la Manche.

La Grande-Bretagne est la quatrième destination la plus populaire pour les étudiants européens et le cinquième pays à envoyer le plus d’étudiants en Europe.

Les universités britanniques sont aussi les premières bénéficiaires des bourses du Conseil européen de la recherche (CER), octroyés par l’Europe, a rappelé Jean-Loup Salzmann.

S’il est encore trop tôt pour savoir à quoi aboutiront les négociations, certains s’appuient sur l’expérience suisse. Après avoir restreint l’accueil des étrangers sur son territoire par un référendum début 2014, la Suisse avait vu ses accords avec l’Europe remis en cause en matière d’échanges étudiants et de recherche.

Les échanges dépendent désormais de conventions entre établissements suisses et européens et la Suisse doit payer pour participer à des projets de recherche.

« Qu’il s’agisse d’Erasmus ou des programmes de recherche (…), on a des exemples –je pense à la Suisse–, qui montrent qu’on peut avoir des accords de partenariat dans le cadre desquels la Grande-Bretagne continuera (…) à accueillir des étudiants », a déclaré la ministre de l’Education.

« Mais par définition, il faut bien comprendre que c’est une décision lourde de sens qui a été prise aujourd’hui, et que sortir de l’Union européenne c’est (…) ne plus en bénéficier à bien des égards », a ajouté Najat Vallaud-Belkacem depuis l’école européenne de Strasbourg.

Avec le Brexit, les étudiants britanniques pourront continuer d’étudier sur le continent mais cela devra donc passer par des conventions entre écoles ou universités. Et les Européens, qui payaient les mêmes frais de scolarité que les Anglais dans les universités anglaises, pourraient être soumis au tarif « international », bien plus élevé.

Les universités françaises expriment leur « solidarité et sympathie envers les universités britanniques, leurs étudiants et les enseignants-chercheurs avec lesquels elles souhaitent poursuivre leur coopération », ajoute la CPU.

« Les premières victimes sont les étudiants anglais, et les étudiants européens qui veulent aller en Angleterre. Les deuxièmes victimes sont les universités » britanniques, selon Jean-Loup Salzmann.

« S’isoler comme ça de la première force de recherche mondiale (l’Europe), c’est impensable », a-t-il regretté, rappelant que ses homologues britanniques s’étaient prononcés contre la sortie de l’Europe.

Le président de la CPU espère que « les Européens et les Britanniques voudront préserver ce qu’il y a de mieux dans l’Union européenne, à savoir Erasmus et le programme de recherche commun ». Mais les Européens risquent de dire à la Grande-Bretagne: « Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre », craint-il.

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