Pédophilie: 53 personnes ont contacté la Conférence des évêques, pour des faits souvent anciens

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Cinquante-trois personnes ont contacté la Conférence des évêques de France (CEF) en deux mois pour relater des faits d’abus sexuels sur mineurs, souvent anciens, « dont elles-mêmes ou un de leurs proches ont été victimes », selon une note interne que l’AFP s’est procurée mercredi.

Ces personnes ont écrit à l’adresse mail paroledevictimes@cef.fr, activée le 13 avril dans le cadre des mesures annoncées par le conseil permanent de la CEF pour « faire la lumière » sur les cas de pédophilie et d’abus sexuels dans l’Eglise catholique en France, secouée par des scandales de pédophilie et critiquée par sa gestion de ces affaires.

Selon un bilan établi au 14 juin, « 53 personnes ont pris contact pour relater des faits dont elles-mêmes ou un de leurs proches ont été victimes. Plus de la moitié des faits date d’avant 1970. Sept concernent les années 70, trois les années 80, deux les années 90 et cinq les années 2000 ».

Ces mails concernent 28 prêtres diocésains, 9 religieux (moines ou frères), 2 diacres, 2 animateurs laïcs et 2 femmes – une religieuse et une professeure d’établissement catholique, selon le document.

« La grande majorité de ces prêtres et religieux sont aujourd’hui décédés, plusieurs sont très âgés et retirés du ministère actif », relève la note, selon laquelle « aucun coupable présumé n’est actuellement en ministère paroissial ou établissement scolaire ».

Certains des dossiers évoqués dans ces courriels « ont fait l’objet d’un procès, d’autres d’un signalement, d’autres d’un courrier à l’évêque intervenu après le décès du coupable présumé », lit-on dans ce texte.

Une fois le mail reçu, il a été transféré à l’évêque ou au supérieur religieux dont relève le fait mentionné, qui a informé « en retour » un haut responsable de la CEF de son « mode d’agir local ».

« Pour les personnes encore vivantes, les procédures sont en cours », assure la note.

« Nous voyons comme il est important, pour les victimes ou leurs proches, de pouvoir poser cette parole et d’avoir une écoute face à eux, même lorsque plus rien n’est envisageable vis-à-vis de l’auteur des faits », a indiqué à l’AFP une source proche de la CEF.

La note pointe qu' »une certaine frustration est apparue » chez certains correspondants « face au procédé, trouvant la CEF trop impersonnelle et peu engagée dans ses réponses ».

« Mais la CEF tient à ce que les personnes soient écoutées dans les diocèses mêmes où les faits se sont produits et non par une instance qui exonérerait les acteurs concernés de s’engager », fait valoir le document.

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