Plan Mayotte 2025: le tiers des mesures déjà en oeuvre, mais des « difficultés »

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Un tiers des mesures du plan « Mayotte 2025 » visant au développement du plus jeune département français, « ont été mises en oeuvre », mais des « difficultés subsistent », notamment en matière de foncier et de développement économique, a indiqué samedi la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin.

Le document stratégique « Mayotte 2025 », voulu par François Hollande et signé le 13 juin 2015 à Mayotte par Manuel Valls, a fixé pour 10 ans six objectifs à atteindre pour le développement de l’île (santé, éducation, développement économique, environnement, logement et urbanisme, et développement des services administratifs ), réparties en 324 mesures.

La sécurité et l’immigration, au coeur de l’actualité de Mayotte ces dernières semaines, avec les expulsions d’étrangers souvent Comoriens, par la population locale, ne font pas partie de ce plan.

Un an après le lancement de ce plan, le tout nouveau préfet Frédéric Veau, a présenté à la ministre des Outre-mer à Paris le premier bilan annuel, accompagné d’élus mahorais, à l’occasion du vol direct inaugural Dzaoudzi-Paris.

Selon ce bilan, 95 mesures ont été réalisées, et 167 actions sont en cours de réalisation, mais « 61 actions sont à relancer ou à mener et font l’objet d’un suivi renforcé » et une « action présente un risque de blocage ».

« Mayotte est une île qui nous donne parfois quelques soucis, mais c’est une île extrêmement attachante, et on fait le maximum pour que la situation s’améliore », a dit la ministre.

« Le tiers des mesures sont en train d’être mises en oeuvre », a-t-elle ajouté citant par exemple la construction de plus de 200 établissements scolaires sur un an, le développement de l’offre de places en internat et de cantines scolaires, mais aussi l’adaptation progressive du Code du travail, ou la création de la ligne aérienne directe.

Mais « un certains nombre de difficultés subsistent », notamment sur le développement économique et la régularisation du foncier, dans une île au cadastre et à l’état civil parfois encore embryonnaire, -même si un établissement public foncier a été récemment créé-.

Concernant la crise des « expulsions » d’étrangers de leur logement par la population locale, Mme Pau-Langevin a reconnu qu’il y avait « un déficit de logement social et beaucoup de difficulté à se loger à Mayotte ».

« Si les habitations illégales se trouvent sur un terrain privé, il est difficile d’empêcher leur destruction (par le particulier propriétaire) », a-t-elle souligné, tout en rappelant que « même si on n’est pas content d’une situation ou d’une personne, nous sommes dans un état de droit ».

Pour le député de Mayotte Ibrahim Aboubacar, « le bilan est lucide, il y a encore beaucoup de travail ». Il faut accélérer selon lui sur « l’égalité sociale », et notamment sur « la question éducative », en intensifiant encore la construction d’établissements scolaires, et sur « la mise en place de la complémentaire santé ».

Confrontée à une importante croissance démographique (plus de la moitié des 220.000 habitants estimés a moins de 20 ans) et à une forte pression migratoire venue des Comores, Mayotte connaît un taux de chômage de 36,6%, le revenu médian s’élève à 384 euros/mois, et 84% de la population est sous le seuil de pauvreté.

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