Fin du redoublement : « la gestion de flux, sans considération pédagogique » (SNES)

A l'aube des conseils de classe, le SNES dénonce l'interdiction du redoublement. Pour "limiter ses effets néfastes", il propose des "modalités d'actions" aux profs.

classe collège

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A la rentrée 2015, un décret entrait en vigueur, soulignant le « caractère exceptionnel du redoublement » au collège et au lycée, et précisant qu’il ne peut être proposé que pour « pallier une période importante de rupture des apprentissages ». Volonté du ministère de l’Education nationale : mettre fin à cette pratique, en demandant notamment aux conseils de classe de ne plus la proposer aux élèves en difficulté.

« Cas particuliers en 3e et en Seconde, la famille peut le demander si l’orientation proposée ne lui convient pas. On parle alors de ‘maintien' », écrit le Snes-FSU dans un communiqué. « Or on connait la pression des contrats d’objectifs et le manque de places en voie professionnelle, qui conduit bon nombre d’élèves de 3e à intégrer une Seconde générale, leur dossier n’ayant pas été retenu dans la filière de leur choix », indique le syndicat. « Pour les mêmes raisons, la réorientation en voie professionnelle des élèves en difficulté en fin de Seconde est difficile. Le redoublement peut alors apparaître comme une solution », ajoute-t-il.

« Faire comme si les difficultés scolaires n’existaient pas relève de la faute »

Alors que les conseils de classe de 3e et de Seconde débutent, le SNES s’attaque à l’interdiction du redoublement : « tous les dispositifs supposément prévus actuellement en collège comme en lycée (AP, PPRE, stages de remise à niveau…) pour pallier la difficulté scolaire font la preuve au quotidien de leur échec ou de leur dévoiement », quand la suppression de la possibilité pour le conseil de classe de prononcer une décision de redoublement « ne prévoit pas de moyens réinjectés pour prendre en charge les lacunes ou retards d’apprentissage » des élèves passés dans l’année supérieure, déplore le syndicat.

Pour le Snes-FSU, « le redoublement n’est certes pas une panacée, mais faire comme si les difficultés scolaires n’existaient pas relève de la faute. C’est une politique à courte vue de gestion de flux… Au mépris de toute considération pédagogique ! »

Dans son communiqué, le syndicat note que le travail avec les familles sur l’orientation en classes de 3e et de Seconde est « de plus en plus difficile », et que « les conseillers d’orientation-psychologues sont peu nombreux ». En outre, déplore le SNES, « être prof principal de ces niveaux relève de l’engagement ».

Des « modalités d’actions collectives »

Pour « limiter les effets néfastes des nouvelles dispositions sur le redoublement », le Snes-FSU propose des « modalités d’actions collectives », pour le passage en Seconde des élèves de 3e, et celui en Première des élèves de Seconde.

Par exemple, en amont du conseil de classe, si un enseignant de maths estime « qu’un redoublement serait bénéfique à un élève », le syndicat lui conseille d’indiquer dans son appréciation la phrase « n’a pas le niveau en maths pour réussir l’année suivante », puis de « faire le point » avec le professeur principal et la direction sur les vœux des élèves.

Pendant le conseil de classe, le SNES recommande d’intervenir dès le début pour « expliquer aux élèves et aux parents les problèmes que pose ce nouveau texte », et d’utiliser si besoin la case « observations » pour noter que l’élève n’a pas le niveau requis. « Dès lors que vous considérez que l’élève n’a pas le niveau pour passer en Première, refusez de continuer à discuter du choix de série à faire mais interrogez le chef d’établissement sur son choix et les raisons qui le poussent à le faire », conseille encore le syndicat.

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