Plaidoyer de Macron devant les députés pour sa réforme contestée de l’artisanat

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Emmanuel Macron s’est livré lundi à un plaidoyer en faveur de sa réforme des qualifications des artisans insérée dans le projet de loi « Sapin II », devant des députés loin d’être acquis à sa cause, même dans les rangs PS.

Le ministre de l’Economie était présent lundi après-midi dans l’hémicycle de l’Assemblée, aux côtés de Michel Sapin (Finances) et Jean-Jacques Urvoas (Justice), après avoir dans la matinée essuyé des jets d’oeufs de la part d’opposants à la loi Travail à Montreuil, un fief de gauche en Seine-Saint-Denis, où il était venu célébrer le Front populaire.

Contenue dans le projet de loi Sapin II en débat à l’Assemblée, la réforme des qualifications vise à « faciliter la création et le développement d’activités et d’emplois par les travailleurs indépendants », notamment « en soutenant les personnes éloignées du marché du travail », a affirmé le ministre. Il fait face à une levée de boucliers des artisans, opposés à cet assouplissement des règles d’entrée dans certains métiers.

« Il ne s’agit pas ici de revenir sur les qualifications pour l’accès à ces métiers: il faudra toujours un CAP pour être électricien ou boulanger », a-t-il assuré. Le texte doit permettre « une meilleure prise en compte de la validation des acquis de l’expérience », c’est d’ailleurs « l’accord qui a été trouvé avec des professionnels décidés à moderniser leur secteur », tels les coiffeurs, a argumenté M. Macron.

« Tout ce qui relève de la santé et de la sécurité sera préservé et relèvera bien d’une qualification, mais des tâches détachables de certains métiers, dans un juste contrôle, pourront être ouvertes pour que l’on crée plus facilement son activité », a-t-il ajouté, citant la floraison des ongleries, menacées selon lui sans cette réforme.

L’article 43 contesté fait l’objet d’une série d’amendements de suppression, et de droite et de gauche.

La présidente de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée et députée de l’Ariège, Frédérique Massat (PS), s’est dite à la tribune « pas favorable » à cet article suscitant « de fortes inquiétudes sur nos territoires ». Et l’orateur LR Olivier Marleix a exprimé la « complète opposition » de son groupe à cette réforme, « forme de mépris » de l’artisanat et « étrange message aux jeunes ».

M. Macron a défendu un ensemble de mesures intégrées à Sapin II ayant « vocation à permettre au plus grand nombre de saisir ces nouvelles opportunités économiques » (Noé, du nom du projet de loi que le ministre de l’Economie devait porter à l’origine).

« Nos concitoyens ne sont pas tous égaux pour tirer partie de leurs talents » et « il y a bien une France qui vit chaque jour l’inégalité des chances », a martelé le fondateur du mouvement « En Marche! », appelant à s’adapter à « la grande transformation économique à l’oeuvre ».

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