« Pour devenir enseignant, la formation en ESPE est indispensable ! »

Formation, attentes, stages… Christine Gomez et Sébastien Llaurens, étudiants, nous présentent leur année de master 2 Lettres Histoire à l’ESPE d’Aix-Marseille. Ils expliquent aussi leur choix de devenir enseignant en lycée pro.

Vous êtes étudiants en master 2 Lettres-Histoire et FSTG de l’ESPE d’Aix-Marseille. Comment se déroule votre formation ?

Christine Gomez : La formation arrive à son terme et cela va représenter une sorte de tournant dans ma pratique professionnelle. L’alternance hebdomadaire des cours à l’ESPE avec le poste en lycée offre un équilibre à la fois rassurant et formateur. En Master 2, lorsque vous allez à l’ESPE, vous y trouvez un sas de décompression, vous pouvez échanger sur vos élèves avec vos collègues et vos formateurs et y trouver des réponses constructives.

Sébastien Llaurens : L’alternance entre ESPE et établissement est équilibrée.  Elle permet un aller retour entre la pratique et la formation. Cette dernière nous donne en effet des outils que l’on peut réinvestir la semaine suivante en établissement. Cette année a été très enrichissante et fondamentale !

Correspond-t-elle à vos attentes ?

formation

© Sergey Nivens – Fotolia

C.G. : Je suis inscrite depuis l’an dernier, en M1 donc pour la préparation du concours. Cela faisait environ dix ans que je n’avais pas fréquenté d’université et j’avais pas mal d’appréhension. Aujourd’hui, après deux ans à l’ESPE, je suis réellement satisfaite, convaincue que la formation est nécessaire pour exercer ce métier.

S.L. : Je ne m’attendais en fait à rien en début d’année. Contrairement à la majeure partie des M2, je n’ai pas suivi la formation en M1. L’année dernière, j’ai préparé le concours seul, de mon côté. J’ai donc découvert totalement la formation PLP lettres-histoire cette année sans avoir d’attentes spécifiques. J’y allais même à reculons les premiers jours. Et cette formation s’est révélée être, de semaines en semaines, indispensable à ma pratique d’enseignant.

Pourquoi avez-vous fait le choix de devenir enseignant dans un lycée professionnel ?

C.G. : J’ai travaillé dans la presse sept années et n’ai pas échappé à la crise que subissent les médias. Par ailleurs, j’ai enseigné trois ans les lettres et l’histoire-géographie dans un lycée professionnel privé hors-contrat et ça m’a beaucoup plu. J’ai alors voulu tenter le concours.

S.L. : Je suis doctorant en histoire. L’enseignement est un aboutissement classique des études universitaires. Je suis spécialiste de la bande dessinée et je suis un amateur de littérature. Devenir enseignant de lettres-histoire avait plus de sens pour moi que de devenir enseignant d’histoire-géographie.

classe de collège

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Vos stages pratiques vous aident-ils à mieux comprendre votre métier ?

C.G. : L’an dernier, nous avons réalisé des stages en établissement afin de découvrir l’univers du lycée professionnel. Ces stages sont essentiels avant d’exercer le métier d’enseignant. Par ailleurs, les tuteurs de stage ont été de très bons conseils pour l’oral du concours. En fin de stage, j’ai fait cours à une classe, sous le regard attentif de ma tutrice : un bon exercice pour la gestion du stress et le retour sur pratique.

Pour certains étudiants, la formation est parfois « trop théorique » et concentre une grande quantité de travail. Qu’en pensez-vous ?

C.G. : Tout dépend de ce que l’on parle, sur les différentes unités d’enseignement (UE) qui nous sont proposées, les enseignements transversaux comportent quelques écueils que nous avons été nombreux à signaler. Nous sommes dans des amphithéâtres, toutes filières mélangées et souvent le sujet s’oriente vers le premier degré afin de toucher le plus grand nombre de personnes représenté par les Professeurs d’école.

Sur les UE liées à nos enseignements (Lettres, histoire-géographie, didactique), je les trouve adaptées et surtout très intéressantes. Certes, nous avons du travail mais nous sommes là pour valider un BAC + 5, je trouve cela normal de fournir un minimum d’efforts….Et surtout de se « nourrir » de tout ce qui pourra servir à notre pratique. La plupart du temps, les formateurs nous permettent de travailler sur les heures de cours, ce qui nous évite de travailler à la maison.

S.L. : Cela doit dépendre obligatoirement des formations. Il est, je pense, difficile de faire des généralités sur une question comme celle-ci. Concernant notre formation, elle est exigeante et demande donc du travail, mais surtout de l’investissement. La quantité de travail est conséquente sans être accablante pour autant. L’investissement que l’on peut avoir à l’ESPE avec nos formateurs a eu des conséquences directes sur ma manière d’enseigner.
Nous avons fait de nombreux retours cette année sur le caractère trop théorique des UE transversales. Mais concernant la formation PLP lettres-histoire, il n’en a jamais été question pour moi. La majeure partie de la formation donnait de l’espace pour améliorer notre pratique d’enseignant.

Quelle est votre vision sur le métier d’enseignant aujourd’hui ?

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C.G. : Un métier que j’adore, un métier difficile qui demande beaucoup de travail et d’implication. Je pense que nous ne pouvons exercer sans être investi, sans nous remettre en question, sans échanger avec les équipes.

C’est ce que j’aime particulièrement en lycée professionnel : cette dimension humaine très forte dans les équipes. Le rapport aux élèves n’est pas toujours facile mais je pense qu’il faut plus que jamais les écouter, leur laisser un espace de parole, aiguiser leur esprit critique sans taire ce qu’ils ont à dire. Je trouve cela fondamental de remettre au centre de notre pratique la bienveillance et l’écoute.

S.L. : Un manque chronique de moyens qui a peut-être pour conséquence un nombre croissant de personnes en difficulté. Un métier qui a l’air beau, mais difficile. Je n’en étais pas convaincu, mais j’ai de plus en plus tendance à croire qu’il faut être sûr de son choix pour enseigner.

Quels conseils pouvez-vous donner aux nouveaux étudiants souhaitant devenir enseignant ?

C.G. : Qu’il faut avoir les reins solides ! C’est un métier formidable mais qui peut être ingrat aussi, il faut le faire parce qu’on aime transmettre un savoir mais aussi et surtout parce qu’on aime l’autre.

S.L. : D’être complètement investi et toujours bienveillant.

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