Intervention policière dans un collège à Saint-Malo: la FCPE demande un moratoire sur la fermeture

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La principale fédération de parents d’élèves dans l’enseignement public, la FCPE, a demandé vendredi un moratoire sur le projet de fermeture d’un collège à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) où la police est intervenue jeudi, blessant trois collégiens.

« Dans cette situation incroyablement violente pour des familles souvent précarisées, nous demandons un moratoire concernant la fermeture du collège Surcouf dont la suppression, dans ce quartier éligible aux politiques de rénovation urbaine, serait une erreur de jugement fatale à la reconquête apaisée de la mixité sociale voulue par Madame la ministre de l’Education nationale », écrit la section de Saint-Malo de la fédération de parents d’élèves dans un communiqué.

Le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a décidé mardi la fermeture à la rentrée 2017 du collège Surcouf, le seul des quatre collèges publics de Saint-Malo classé en Réseau d’éducation prioritaire, où sont scolarisés 250 élèves, pour des raisons de rationalisation des effectifs. Les préconisations des conseils départementaux en la matière doivent ensuite être entérinées par l’État mais sont généralement suivies.

Une douzaine de fonctionnaires de police de Saint-Malo sont intervenus vigoureusement jeudi matin devant le collège, alors que de nombreux collégiens ainsi que des parents s’y trouvaient rassemblés, pour ouvrir les grilles de l’établissement, qui avaient été fermées par une chaîne la nuit précédente. L’origine de cette action, qui n’a pas été revendiquée, n’a pas été établie pour le moment. Des banderoles avaient également été accrochées où l’on pouvait lire « Surcouf ne fermera pas » ou « Fier d’être à Surcouf ».

Au lendemain de cette intervention, l’absentéisme s’est élevé à 40% vendredi au collège, les parents préférant garder leurs enfants à la maison.

Selon la FCPE, « on dénombre 11 blessés parmi les enfants dont trois (ont été) hospitalisés (…). Cette intervention a causé un profond émoi chez les enfants dont beaucoup sont partis choqués et apeurés », souligne la fédération de parents, pour laquelle le maintien de ce collège est « essentiel à l’espoir de la population de ce quartier ».

Dans un autre communiqué, la FCPE nationale demande que « toute la lumière soit faite sur ces débordements (…) Sous couvert d’un nécessaire maintien de l’ordre, la FCPE ne peut accepter que des enfants deviennent les victimes alors qu’ils exercent leur droit d’expression et de manifestation. L’éducation ne se fait pas à coups de matraque! »

L’intervention policière pour ouvrir les portes du collège avait été demandée par l’Inspection académique afin de permettre son bon fonctionnement et d’assurer la sécurité des lieux, selon l’administration.

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