Huit mois avec sursis pour une prof stagiaire qui avait proféré des menaces jihadistes

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Une étudiante de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de Lyon a été condamnée mercredi à huit mois de prison avec sursis pour avoir envoyé des messages dans lesquels elle menaçait de mort sa hiérarchie en faisant référence aux attaques jihadistes qui ont ensanglanté la France.

L’apprentie professeur devra aussi verser 5.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles et se soumettre à une obligation de soins.

Poursuivie pour menaces de mort aggravées en raison de l’appartenance religieuse, cette jeune femme de 24 ans, présentée comme très fragile psychologiquement, encourait jusqu’à cinq ans de prison ferme. À l’audience, elle a nié les faits qui lui sont reprochés.

Le tribunal correctionnel de Lyon l’a jugée coupable d’avoir, au cours de l’automne et de l’hiver 2015-2016, envoyé une série de messages électroniques à des membres de la direction de l’Espé dans lesquels, usant de pseudonymes, elle promettait que ses « frères jihadistes » viendraient « s’occuper » d’eux, dans un salmigondis où il était également question de « bûcher » pour les chrétiens, du massacre du Bataclan et du groupe État islamique.

« Ces mails, dans le contexte du moment, étaient de nature à inquiéter sérieusement les autorités judiciaires », a commenté le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel.

« On avait peur d’être au sein de l’école la cible d’attaques terroristes », a renchéri Me Jean-Jacques Rinck, l’avocat des personnels de la direction de l’Espé, contrainte de renforcer la sécurité de l’établissement.

Le jugement du tribunal est plus sévère que les réquisitions du parquet, qui avait réclamé quatre mois de prison avec sursis.

Originaire de la Réunion, la jeune femme, professeure-stagiaire de mathématiques, avait reconnu être l’auteur des messages en garde à vue et devant les magistrats qui l’avaient entendue en janvier mais, à l’audience, elle a déclaré s’être « attribuée des faits à tort ».

Présentée comme « instable » et « dépressive » par une source policière, la prévenue, « en grande difficulté » dans le collège où elle effectuait son stage, a fait l’objet d’une expertise psychiatrique à la demande du tribunal.

Celle-ci a mis en relief « une pratique fervente de la religion chrétienne » et des « pensées délirantes à caractère mystique et persécutoire », sans néanmoins conclure à une abolition de son discernement.

La jeune femme avait, en effet, indiqué lors de sa garde à vue avoir envoyé ces messages après une agression durant laquelle un groupe d’adolescents lui aurait adressé des insultes anti-chrétiennes.

« La consistance des mots est inexistante dans ce dossier », a plaidé, en défense, Me Frédéric Doyez, pour qui la prévenue « n’est pas une femme dangereuse mais une femme malheureuse » et qui « a besoin de montrer aux autres une souffrance qui n’est pas entendue ».

La jeune femme fait l’objet d’une mesure de suspension, mais son sort n’a pas encore été définitivement tranché par l’Éducation nationale.

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