Metz: 18 ans de prison pour le meurtre passionnel d’un professeur des écoles

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Un homme de 42 ans a été condamné vendredi à Metz à 18 ans de réclusion criminelle pour avoir, fin 2013, tué l’amant de sa femme, un directeur d’école primaire dont le corps lardé de coups de couteau avait été retrouvé dans sa voiture.

Ahmet Secen, artisan charpentier-couvreur, a clamé son innocence tout au long du procès. « J’aurais préféré mourir plutôt que subir tout ça. Je suis innocent », a-t-il dit à la cour, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.

La victime, Chanel Mallinger, 52 ans, entretenait une relation amoureuse avec Malika Secen, la femme de l’accusé.

« Pour vous M. Secen, c’est peut-être un crime d’honneur. Mais rien n’est plus éloigné de l’honneur que le crime », a dit l’avocat général, Jean-Yves Goueffon, en requérant 20 ans de réclusion.

« Avec tous les éléments qui convergent » vers l’accusé, « il n’y a aucune place au doute », a-t-il déclaré, évoquant notamment des traces ADN de la victime relevées « à deux endroits dans la voiture d’Ahmet Secen. Deux endroits où il y avait des traces de sang… »

Pour l’avocat de la famille de la victime, Me Dominique Rondu, l’accusé « avait toute les raisons de péter un plomb et de commettre ce geste fou. Il ne pouvait pas supporter que sa femme le trompe ».

Dans la nuit du 10 au 11 décembre 2013, le corps de M. Mallinger, directeur d’une école primaire de Woippy, près de Metz, avait été trouvé en position agenouillée sur le siège passager de son véhicule, la tête sur le tableau de bord, lardé de 42 coups de couteau.

Une vive émotion avait gagné les habitants de Woippy et une marche blanche rassemblant plus de 2.000 personnes avait été organisée au lendemain du drame en hommage à cette personnalité connue et appréciée.

L’enquête s’était rapidement orientée vers la vie sentimentale de M. Mallinger, présenté comme un « grand séducteur ». Il entretenait une relation amoureuse depuis 2012 avec l’épouse de l’accusé, une assistante pédagogique travaillant dans son école et mère de trois enfants.

A l’issue de ses auditions, la maîtresse de la victime avait raconté que son époux avait connaissance de sa relation extraconjugale, qu’il était allé menacer son amant sur son lieu de travail et qu’elle se sentait surveillée.

L’accusé dit avoir toujours ignoré la double vie de son épouse. « Cela fait rire, mais le cocu est toujours le dernier à savoir », a affirmé lors du procès son avocat, Me Eric Dupond-Moretti.

Le célèbre pénaliste a dénoncé une affaire « gangrénée par la rumeur », et a dit aux jurés que, « dans l’hypothèse d’une culpabilité », un crime passionnel « ne peut pas valoir vingt ans. Jamais ».

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