Un CV avec des fautes d’orthographe, péché mortel pour les recruteurs (étude)

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Un CV bourré de fautes d’orthographe ne fait bonne impression dans aucun pays. Mais en France, une graphie mal maîtrisée est aussi le signe pour les recruteurs d’un manque de politesse, de rigueur et de maturité, diminuant fortement les chances d’être rappelé, selon une étude présentée jeudi.

Christelle Martin-Lacroux, de l’université de Toulon, a présenté à vingt recruteurs six dossiers de candidatures pour un poste de chargé de clientèle dans une banque, en variant les éléments de fond (expérience du candidat) et de forme (le nombre de fautes d’orthographe). Elle a recueilli leurs commentaires à la lecture des dossiers, et a également passé au crible les restitutions écrites de 422 candidats et 538 recruteurs.

Pour deux CV dotés d’une même expérience professionnelle forte, celui qui contient des fautes d’orthographe a trois fois plus de chances d’être rejeté que celui sans faute. Les recruteurs sont moins sévères pour les fautes de frappe puisqu’un CV en contenant n’a « que » 1,7 plus de chance d’être rejeté qu’un CV sans erreur.

La maîtrise orthographique n’est pas ressentie uniquement comme une compétence technique mais aussi comme une compétence culturelle.

Pour certains recruteurs participant à cette étude –sans en connaître le thème–, la faute « entraîne le rejet » du CV « car elle est un indice d’une attitude inacceptable, d’une motivation insuffisante ou de valeurs délétères pour les organisations », selon l’auteur de l’étude, tirée d’une thèse passée en 2015.

« La particularité de la France par rapport aux pays anglo-saxons, c’est que faire des fautes équivaut à être mal élevé », a noté Mme Martin-Lacroux lors d’un point presse du Projet Voltaire, une entreprise lyonnaise qui a lancé un service en ligne de remise à niveau en orthographe, utilisé par 3 millions de personnes depuis cinq ans.

Le rejet dépend peu du nombre de fautes puisqu’un dossier de candidature avec cinq fautes sera à peine moins rejeté qu’un dossier avec dix fautes.

S’appuyant sur les résultats d’exercices accomplis par quelque 50.000 utilisateurs fin 2015, le Projet Voltaire a par ailleurs dressé un inventaire des règles de base (censées être maîtrisées au collège) les moins ou les mieux maîtrisées.

Parmi les dix les mieux maîtrisées figurent huit règles lexicales (mots tels qu’on les trouve dans le dictionnaire, par exemple « certes » et non « certe »).

Les dix plus difficiles ont toutes trait à la grammaire, avec en tête les hésitations entre terminaisons du futur ou du conditionnel (« je ferai » ou « je ferais ») et le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir lorsque le complément d’objet est avant le verbe (« les fraises que j’ai mangées »).

Les femmes et les habitants du sud-ouest de la France obtiennent les meilleurs scores.

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