Troisième jour de grève de la faim pour le président de Vaincre l’autisme

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Le président de l’association Vaincre l’Autisme, M’Hammed Sajidi, poursuivait vendredi une grève de la faim destinée à défendre le développement en France de méthodes innovantes de prise en charge de l’autisme, telles que la structure Futuroschool, « menacée de fermeture ».

M. Sajidi a entamé sa grève de la faim mercredi, pour « se faire entendre des pouvoirs publics ».

Futuroschool, ouverte à Paris par cette association de parents et qui bénéficie depuis 2009 de financements publics, est selon lui « menacée de fermeture » car l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France exige, avant de renouveler ses autorisations qui expirent le 19 août, une nouvelle évaluation.

Or, une évaluation externe effectuée en février-mars par un organisme « agréé » choisi par Vaincre l’autisme l’a qualifiée d' »établissement d’excellence », a expliqué M. Sajidi à l’AFP. L’association refuse donc d’accueillir une nouvelle équipe envoyée par l’ARS.

Cette « structure pilote », qui accueille 12 enfants, adolescents et jeunes de 3 à 25 ans, applique « au cas par cas » et en lien étroit avec les parents des méthodes éducatives et comportementales telles que l’ABA (analyse appliquée du comportement), recommandée par la Haute Autorité de Santé.

Une deuxième Futuroschool avait ouvert à Toulouse, mais elle a dû fermer en juillet 2015 car au bout de cinq ans, ses autorisations n’avaient pas été renouvelées.

M. Sajidi accuse les pouvoirs publics d’entraver le développement des Futuroschool en guise de « représailles », car l’association a fait condamner la France par le Conseil de l’Europe, puis par le Tribunal administratif de Paris en juillet 2015 pour « carences » de prise en charge de l’autisme.

« Nous avons pourtant 324 demandes, de la part de parents dans toute la France », indique-t-il.

Cette association a quitté le Comité national autisme il y a deux ans en raison de ses désaccords avec le 3e plan autisme (2013-2017), qui selon elle accorde encore trop de place à la « psychiatrisation » et la « médicalisation ».

Elle a été créée il y a 15 ans par M. Sajidi, dont le fils Samy, qui a aujourd’hui 25 ans, avait subi des « maltraitances » dans un hôpital psychiatrique de jour. « Pour votre fils, il ne reste que la camisole », lui avait dit un psychiatre. Aujourd’hui, il est scolarisé à Futuroschool et « nous sommes en train de préparer son insertion professionnelle », indique M. Sajidi.

Le secrétariat d’Etat en charge du handicap a de son côté affirmé à l’AFP que la situation actuelle de Futuroschool est « liée à des problèmes importants de gestion et de gouvernance ».

« Cette situation financière et administrative a fait l’objet d’un rapport de l’IGAS en 2013 » et a donné lieu à des inspections diligentées par les deux ARS concernées, a-t-il ajouté.

Il n’y a « pas de remise en cause des structures expérimentales qui, si elles respectent la réglementation en vigueur, font partie de l’offre médico-sociale dans chaque région », a-t-on affirmé de même source. Mais « lorsqu’une association gestionnaire ne respecte pas les règles et les demandes faites par l’ARS, il est normal que (celle-ci) mette en oeuvre les procédures prévues ».

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