Sciences Po et les principaux cultes lancent une formation interreligieuse inédite

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Sciences Po et les représentants des principaux cultes (catholique, protestant, orthodoxe, juif, musulman et bouddhiste) ont annoncé mercredi le lancement à la rentrée d’un programme de formation inédit destiné à mieux former les responsables et cadres religieux, clercs ou laïcs.

« Nous ne pouvons rester immobiles et impuissants face à une sorte de crispation (…) qui entoure le fait religieux en France, de même que face aux pratiques les plus extrêmes, double écueil qui menace notre société », a expliqué le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, devant la presse.

Ce dispositif de formation continue, baptisé « Emouna, l’amphi des religions » – « Emouna » a la même racine que le « Amen » commun aux traditions abrahamiques -, comportera 18 jours d’enseignement répartis sur neuf mois, dans des locaux de Sciences Po.

Il s’adressera à partir de septembre 2016 à trente élèves, principalement des « ministres du culte » (imams, rabbins, prêtres, pasteurs, aumôniers…) en exercice ou en cours de formation, ainsi qu’à des responsables d’associations cultuelles (mosquées, paroisses, etc.).

« Les formations existantes sont souvent liées à une confession, et surtout il s’agit de formations initiales (séminaires, instituts de théologie, diplômes universitaires de formation civile et civique, NDLR) pas adaptées à un public déjà en activité », a souligné Frédéric Mion.

L’Institut des hautes études du monde religieux (IHEMR), pour sa part, s’adresse plutôt à des auditeurs issus du monde de l’entreprise.

Les cours d' »Emouna » concerneront l’environnement politique et institutionnel des religions, leurs rapports avec les cultures française et européenne, le management des communautés religieuses et conduiront à la validation d’un certificat.

L’initiative est portée par un groupe interconfessionnel en lien avec le grand rabbinat de France, le conseil des rabbins libéraux Kerem, la Conférence des évêques de France (CEF), la Fédération protestante de France, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) et l’Union des bouddhistes de France. Elle a reçu le soutien de l’Etat.

« On a peu d’occasions de rencontres d’autres cultes dans nos formations initiales », a relevé le grand rabbin de France, Haïm Korsia, en saluant l’initiative.

Le président du CFCM, Anouar Kbibech, s’est réjoui de ce projet contribuant à la « connaissance mutuelle ». Tout en soulignant que le coût par participant, fixé à 790 euros, « reste relativement élevé pour un imam ou un aumônier musulman » et devrait mobiliser le soutien des grandes fédérations de mosquées.

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