Quartiers prioritaires, zones de galère (rapport)

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1.436 quartiers prioritaires, 5,3 millions de personnes concernées et des retards inouïs en terme d’emploi, de santé ou d’éducation: malgré une décennie de volontarisme politique, les disparités avec le reste du territoire sont loin d’être comblées, selon un rapport publié mardi.

L’emploi reste en souffrance dans ces zones paupérisées: seules 30,5% de ses habitantes sont considérées comme actives à temps complet, contre 56,2% dans les autres quartiers. Pour les hommes, les proportions sont respectivement de 58,4 et 81,2%.

Selon le rapport 2015 de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV, indépendant), qui porte sur l’année 2014, le taux de chômage est ainsi de 26,7% dans ces quartiers, contre 10% ailleurs.

« A partir du moment où le chômage reste très élevé dans notre pays, ça n’a pas pu aller mieux dans les quartiers populaires », commente Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat à la Ville, dans un entretien avec l’AFP. « Simplement, nos politiques ont permis d’éviter un décrochage ».

Deux tiers des habitants, soit 3,3 millions de personnes, y perçoivent des allocations familiales, contre moins d’un habitant sur deux dans le reste du territoire. Sur 1,4 million de foyers, 36% bénéficient du RSA (Revenu de solidarité active), contre 19% en dehors de ces quartiers.

Les taux de réussite scolaire sont bien inférieurs chez les élèves issus de ces quartiers. Les écoles publiques les accueillant atteignent 75,6% d’obtention du brevet des collèges, contre 86,1% au niveau national. La différence est plus significative encore pour la réussite au bac S: 78,6% contre 93,4.

La discrimination à l’emploi se poursuit ensuite quel que soit le niveau d’étude. « Un homme diplômé de niveau Bac + 5 de plus de 30 ans a 22% de chances de moins d’occuper un emploi de cadre lorsqu’il est issu des quartiers prioritaires », relève l’étude.

« La question de l’adresse, du quartier dont on est issu, construit un déterminisme insupportable », dénonce Hélène Geoffroy, ancienne député-maire de Vaulx-en-Velin, une commune pauvre de la banlieue lyonnaise.

Les disparités sont énormes en terme d’accès à la santé, avec des médecins spécialistes libéraux « 3,4 fois moins présents que sur l’ensemble de leurs agglomérations ». Généralistes et infirmiers font également défaut (-35 et -29%).

Sans surprise, la qualité de vie est perçue défavorablement. Un quart des habitants des anciennes Zus (Zones urbaines sensibles) déclare s’y sentir parfois ou souvent en insécurité, contre un habitant sur sept dans les autres quartiers des agglomérations environnantes.

Un Programme national de rénovation urbaine (PNRU) a permis entre 2004 et 2013 la rénovation et la construction de centaines de milliers de logements. Il devait totaliser 47 milliards d’euros d’investissements durant la période 2004-2013, dont 12 milliards de subventions de l’Etat, qui n’a versé que les deux tiers de ses engagements.

Un deuxième programme de rénovation a été lancé fin 2014 pour dix ans, doté de 5 milliards d’euros. Davantage basé sur « l’humain », il vise à « mettre toutes les politiques dans la politique de la ville » pour mettre un terme à « l’apartheid social et territorial » en oeuvre en France, note la ministre.

Quelque 6.300 postes ont ainsi été créés pour l’éducation prioritaire, alors que 678 autres auront été affectés pour ces quartiers par Pôle emploi d’ici fin 2016. L’enveloppe destinée au secteur associatif a aussi été revalorisée de 100 millions d’euros, pour atteindre 240 millions d’euros, note-t-elle.

« On est passé d’un stade incantatoire à une stade plus opératoire », se félicite la ministre, pour qui le résultat de ces politiques se verra « dans la durée », avec l’objectif avoué de davantage de « mixité » sociale dans les quartiers.

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