Lycées en IDF: Pécresse veut lutter contre le décrochage et les addictions

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Lutter contre les addictions et contre le décrochage scolaire, rénover les bâtiments pour accueillir des élèves plus nombreux et valoriser le mérite, la présidente de la région IDF Valérie Pécresse (les Républicains) a présenté mardi ses priorités pour les lycées d’Ile-de-France.

Lors de la conférence de presse en amont de la prochaine session du Conseil régional d’Ile-de-France, les 19 et 20 mai, consacrée à l’éducation, Mme Pécresse a dit vouloir « un lycée de toutes les réussites ».

A cet effet, elle entend faire de la lutte contre le décrochage scolaire « la grande action 2016 » de la Région. L’Ile-de-France compte chaque année 30.000 jeunes décrocheurs (sur 400.000 lycéens du public et 93.000 du privé), et 8% seulement font l’objet d’un suivi: « Il faut qu’on aille s’occuper de ces jeunes », a-t-elle dit.

Sujet de controverse qui devrait susciter de forts débats dans l’hémicycle, la Région prévoit de lutter contre les addictions (drogues, alcool), « cause massive de décrochage scolaire ». Elle proposera notamment, pour les chefs d’établissement qui le souhaiteront, de financer des tests salivaires de dépistage et des éthylotests.

« 10% des jeunes d’IDF fument plus d’un joint par jour », a affirmé Agnès Evren, vice-présidente en charge de l’Education. La Région va demander à chaque établissement « d’établir un diagnostic sur la consommation des substances addictives » et d’identifier les éventuels trafics à proximité des lycées. Les tests de dépistage seront « uniquement des outils de diagnostic », menés sous couvert du secret médical, et dont les résultats individuels ne seront pas transmis aux chefs d’établissement mais uniquement à la famille ou au lycéen s’il est majeur, a-t-elle précisé.

La région financera aussi des formations en addictologie pour les enseignants et la mise en place d’un « plan de lutte contre les dealers » (vidéosurveillance des trajets entre lycées et transports publics, présence policière autour des établissements, etc.).

Pour « réduire le nombre de décrocheurs », la Région veut aussi renforcer le tutorat et développer les structures d’aides aux jeunes décrocheurs, comme les micro-lycées, les lycées du soir et les écoles de la deuxième chance.

Constatant que les lycées franciliens sont « dans un état préoccupant » de vétusté et que la précédente mandature socialiste « n’a pas anticipé le choc démographique » (baby-boom des années 2000) qui fait que 10% des lycées parisiens sont en sureffectif, la nouvelle majorité prévoit d’accélérer les chantiers de rénovation et de construction de lycées. Cela passera par la recherche de nouvelles recettes, notamment en vendant une partie des parcelles des lycées non utilisées.

La Région veut également « récompenser l’effort », en rétablissant les bourses au mérite (900 euros) pour les bacheliers issus de famille à faible revenu ayant obtenu une mention très bien et les bourses de la seconde chance pour les non bacheliers.

Elle va aussi rétablir les aides sociales pour les lycéens du privé en difficultés financières, pour un montant de 1,6 million d’euros.

Elle prévoit également « l’expérimentation » dans 10 lycées publics d’un « budget d’autonomie », pour donner plus de souplesse et de réactivité aux équipes pédagogiques et administratives, notamment en terme d’innovations pédagogiques ou de travaux de maintenance d’urgence, par exemple.

Enfin, Valérie Pécresse a annoncé un plan de « prévention de la radicalisation », avec un cycle de conférences régionales, durant lesquelles des « victimes du terrorisme » s’exprimeront devant les lycéens, pour « toucher l’émotionnel ».

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