Salaires, considération, formation et baisse des effectifs au coeur des demandes des profs

Enseignants, qu'attendez-vous en priorité ? Nous vous avons posé la question. Les réponses les plus fréquentes concernent le nombre d'élèves, les salaires et la formation.

salle de classe © Christophe Fouquin - Fotolia

salle de classe © Christophe Fouquin – Fotolia

Enseignants, qu’aimeriez-vous voir amélioré en priorité dans l’Education Nationale ? S’il n’y avait qu’une seule chose à améliorer, dès maintenant ? C’est cette question que nous vous avons posé, lecteur, sur notre page Facebook, et à laquelle vous avez été une trentaine à répondre.

« Baisse des effectifs »

La réponse qui revient le plus est le nombre d’élèves par classe. Ainsi, « Aurélie Ka », professeure des écoles, demande « plus de moyens » pour l’enseignant, « et les mêmes moyens partout : en nombre d’élèves par classe (afin de pouvoir aider plus efficacement les élèves en difficulté, sans avoir le sentiment de délaisser les meilleurs…), et plus de moyens matériels afin de rendre le cadre agréable pour tous, et plus pratique. »

Emilie Vincent, institutrice, ajoute qu’il faudrait « limiter le nombre d’élèves par classe », mais aussi et surtout « réformer le système de mutation, quand on a une vie de famille ! »

Pour « Pri Sci », professeure en lycée, il faudrait surtout réduire le nombre d’élèves par classe « en maternelle et primaire ». Pas question d’oublier le secondaire, « mais si il y avait 1 priorité, je crois qu’il faudrait fortifier les bases. Je sais que les effectifs réduits donnent de meilleurs résultats à tous les niveaux. Le collège est je pense le niveau le plus difficile. Je trouve les collègues très courageux, mais si les 6e arrivaient avec les fondamentaux… que de temps et d’énergie épargnées ! »

« Embaucher davantage d’enseignants »

classe de primaire

© contrastwerkstatt – Fotolia.com

Caroline Willmes, prof des écoles près de Marseille, indique qu’en primaire, il faudrait « embaucher davantage d’enseignants pour faire baisser le nombre d’élèves par classe, et ainsi mieux accompagner, sur le temps de classe et non en APC (activités pédagogiques complémentaires) ceux qui ont besoin d’un fort étayage, sans délaisser ceux qui ont moins besoin de nous, le tout dans un bruit de classe acceptable au jour le jour, et à long terme. »

Ainsi, estime l’enseignante, « un effectif de 25 élèves par classe devrait être un maximum, l’idéal étant 20. » Elle explique qu’elle s’occupe cette année de 28 élèves de CP : « les grandes épidémies de l’hiver permettent une baisse des effectifs sur quelques jours, et l’on se rend compte combien il est aisé et agréable de mener chacun à son rythme avec 20 ou 22 élèves, quand ça devient nettement plus compliqué avec davantage ».

Elle ajoute : « faire croire qu’on peut efficacement différencier, individualiser à grands coups de paperasseries PPRE/PAC/APC/Projets d’école et autres (dont les nombres cumulés sur le territoire seront très jolis dans les infographies de la ministre), c’est méconnaître le quotidien des enseignants. Que chaque ministre vienne passer une semaine, sans conseiller ni caméras, dans une école élémentaire, puis une semaine au collège, une au lycée, et on en reparle ! »

Pour Thomas Metzinger, professeur des écoles, il faudrait « 20 élèves au grand maximum par classe » en élémentaire, mais avec, également, « deux adultes : deux profs, ou un prof et un assistant, ou un prof et un stagiaire ».

Une formation « avec du concret »

enseignant primaire

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Autre attente majeure des enseignants qui ont répondu à notre appel : la formation. « Jo Bidjoba » demande « du concret, de l’analyse de pratiques, des mises en situations », quand « Do Errab » rêve de « cours de psychologie de l’adolescent (voire pour prendre du recul face à l’aggressivité des parents), de vraies formations sur les DYS, de vraies formations de pédagogie ».

De son côté, Vanessa Guian appelle de ses vœux une formation initiale revue et corrigée, notamment « ce système de stage à mi-temps qui ne permet pas de comprendre la réalité du métier, et cette formation en ESPE ridicule où on nous demande de faire un mémoire bis, même quand on est titulaires d’un master durement acquis ».

Enfin, Céline Hach demande « une plus grande ouverture d’esprit » sur les pédagogies « dites nouvelles ou alternatives, comme la classe inversée« , et Marion Argontadenn une meilleure « transition » entre « le statut d’étudiant en université et le statut d’enseignant dans le primaire/secondaire ». Et d’attendre « des solutions pour que cette période soit bien vécue. »

Les salaires et « le regard de la société sur notre travail »

enseignants stagiaires

© contrastwerkstatt – Fotolia

Une poignée d’enseignants souhaiteraient aussi « de la considération ». Ainsi, « Bernouch Ka » explique que ce qui la préoccupe, c’est « le regard de la société sur notre travail : respect, estime, considération, reconnaissance font souvent cruellement défaut. Et par ricochet trouvent écho auprès des enfants… »

Mais le sujet qui revient également le plus, c’est la revalorisation des salaires. Prof des écoles près d’Avignon, Marianne Guetat-klaus demande ainsi « un salaire décent pour le niveau d’étude demandé, les responsabilités en charge et le travail accompli qui demande disponibilité et polyvalence. »

Nathalie Renault penche elle aussi pour une « revalorisation réelle des salaires dans le primaire. Surtout pour ceux qui, comme moi, sont entrés dans l’Education Nationale avec un bac+5, il y a 20 ans ».

Les enseignants dans le privé ont aussi été nombreux à demander une telle revalorisation – qu’il s’agisse des suppléants ou des titulaires. « Je suis suppléante dans le privé, et être payé au SMIC me fait mal au coeur. Et çà me fait rire que les parents pensent que c’est mieux dans le privé : on « balance » des profs sans aucune préparation et formation… Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont forcément mauvais, bien sûr ! », lâche Céline Hach. Quant à « L’nmy Mymy », elle indique être « titulaire après des années de suppléance dans le privé », et trouver que « même ainsi, ça reste inadmissible. »

Evaluation des enseignants

Enfin, Aurélie Badard, prof de collège, demande que « l’évaluation des enseignants soit revue ». Elle souhaiterait ainsi voir « de vrais entretiens annuels, pour cibler les objectifs, les axes de progrès et valoriser le travail engagé ». Ainsi, conclut-elle, « il faudrait revoir ce principe de notation infantilisant et aucunement motivant. »

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