Loi travail: Cazeneuve fustige « l’outrance » de « ceux qui essaient d’instrumentaliser » les violences

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fustigé « l’outrance » de « ceux qui essaient d’instrumentaliser » à leur avantage les violences commises en marge des manifestations contre la loi travail ou de Nuit debout, jeudi soir après après avoir rendu visite à l’hôpital à un policier grièvement blessé.

« Ceux qui essaient d’instrumentaliser ce contexte à des fins politiques en proposant qu’on interdise tout sont à la fois ignorants du droit et ignorants de ce qu’est l’état d’urgence et ignorant de ce qu’est la République et des principes de liberté qui la guident », a déclaré à la presse le ministre en sortant de la Pitié-Salpêtrière.

« Ils sont eux aussi dans l’outrance », a insisté M. Cazeneuve, quand le gouvernement est tant dans « le respect du droit » à manifester que dans « le respect des forces de l’ordre ».

Le ministre venait de se rendre au chevet d’un gardien de la paix grièvement blessé à la tête au cours de la manifestation parisienne jeudi et dont l’état « reste sérieux » selon M. Cazeneuve. Ce policier de la Brigade d’information de voie publique (BIVP) assurait la liaison avec les organisateurs du défilé et était en tenue civile lorsqu’il a été frappé par un projectile, selon le préfet de police de Paris.

« Ceux qui ont diffusé sur la police des affiches et des propos qui contribuaient à tendre (les relations avec les manifestants) n’ont pas témoigné d’un grand esprit de responsabilité », a estimé M. Cazeneuve, en référence à une affiche de la CGT affirmant que « la police doit protéger les citoyens et non les frapper ».

L’extrême-gauche a également dénoncé les « violences policières » envers les manifestants contre la loi El-Khomri et ceux du mouvement Nuit debout. Le parti Les Républicains a de son côté demandé lundi à Bernard Cazeneuve de « suspendre l’autorisation d’occupation » de la place de la République à Paris par Nuit debout, critiquant « l’irresponsabilité » gouvernementale face à une situation « inadmissible » en état d’urgence.

Entre 170.000 personnes (autorités) et 500.000 (CGT) ont défilé jeudi contre la loi travail lors de manifestations émaillées de violents affrontements à Paris et en province, avec des blessés graves du côté des forces de l’ordre et des manifestants et 124 interpellations.

Bernard Cazeneuve a à nouveau rendu « hommage » au « grand professionnalisme » des gendarmes et policiers à l’oeuvre, qui ont permis de « rétablir la situation partout » où des « groupes violents essayaient de la faire dégénérer ».

Environ un millier de personnes étaient encore rassemblées jeudi soir peu après minuit place de la République à Paris, fortement encadré par les forces de l’ordre pour éviter de nouveaux débordements, a constaté un journaliste de l’AFP.

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