Zones fumeur dans des lycées: l’Alliance contre le tabac demande au gouvernement de « rectifier » sa circulaire

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L’Alliance contre le tabac, présidée par la députée Michèle Delaunay (PS), a demandé mercredi au gouvernement de « rectifier » la circulaire interprétée par certains proviseurs comme autorisant la création de zones fumeurs dans les lycées, jugeant les engagements oraux de la ministre de l’Éducation insuffisants.

« Le gouvernement doit rectifier la circulaire. La ministre a eu le courage de le faire oralement à la sortie du Conseil des ministres, elle doit aujourd’hui faciliter la vie des proviseurs. Il doit être rappelé dans la circulaire qu’il est interdit de fumer dans les lycées », a déclaré Mme Delaunay, au cours d’une rencontre avec quelques journalistes.

Pour la députée de Gironde, elle-même cancérologue, il est « extrêmement grave » de « banaliser le tabac pour les jeunes ».

Après l’instauration de l’état d’urgence, les ministères de l’Éducation nationale et de l’Intérieur avaient demandé aux proviseurs dans une circulaire du 25 novembre d’éviter les attroupements devant les établissements, écrivant qu' »en lycée, des zones spécifiques peuvent être aménagées » pour éviter que les élèves ne sortent « pendant les interclasses ».

Selon le député Jean-Louis Touraine (PS), présent au côté de Mme Delaunay, dans la foulée de cette circulaire, des zones fumeurs ont été créées dans « environ la moitié des lycées d’Ile-de-France et un peu moins des autres régions françaises », un « recul très négatif » en terme de santé publique selon lui.

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) et l’association Droits des non-fumeurs (DNF), membres de l’Alliance contre le tabac, ont engagé trois actions en justice contre des établissements, et obtenu gain de cause dans un première décision en référé à Cergy-Pontoise (Hauts-de-Seine) il y a une semaine.

Mi-avril, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a rappelé que « fumer est interdit au sein des établissements scolaires » et indiqué que « pendant cette période de mesures de sécurité renforcées, il doit être demandé aux lycéens tout simplement de ne pas fumer ».

Mais pour l’Alliance contre le tabac, c’est insuffisant et il faut revoir la circulaire pour aider les proviseurs qui « sont en difficulté », selon Mme Delaunay.

« Le bon sens veut qu’au moment où on instaure l’état d’urgence, on en profite pour enlever cette anomalie qui est que des jeunes fument devant l’entrée des lycées et non pas qu’on transpose cette anomalie à l’intérieur des lycées », a estimé M. Touraine.

Le tabac fait 78.000 morts par an en France (et un millier de plus avec le tabagisme passif). L’Alliance contre le tabac réunit une trentaine d’associations et a récemment été rejointe par La Croix Rouge française, la Mutualité française, et l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).

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