Enseignants non-remplacés: journée d’action dans des écoles de Seine-Saint-denis

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Occupations d’écoles, tractages, « pique-niques de la colère »: face au problème endémique en Seine-Saint-Denis du non-remplacement des professeurs absents, des parents et des enseignants organisaient mercredi des actions dans près de 200 écoles et collèges du département.

Selon le décompte des parents, « 400 classes du primaire sont sans enseignant chaque jour en Seine-Saint-Denis », affirme un communiqué du mouvement, qui exige « un enseignant formé devant chaque classe tous les jours de l’année scolaire ».

Initiée par le Ministère des Bonnets d’âne, le Collectif des parents citoyens du 93 et la FCPE 93, cette mobilisation marque « le ras-le-bol de familles confrontées, depuis des années, à des difficultés qui ne font que s’aggraver », dans un département déjà défavorisé.

« Il ne faut pas s’étonner d’avoir des difficultés dans le vivier de remplacement lorsqu’il a été anéanti pendant des années » et le reconstituer « prend du temps », a déclaré Najat Vallaud-Belkacem à la sortie du conseil des ministres.

Selon la ministre de l’Education nationale, « là où le précédent quinquennat avait supprimé 1.600 postes de remplaçants, nous en avons recréé plus de 2.000 depuis 2012 ».

« Plus la situation s’apaise, plus les cas qui restent semblent insupportables aux familles, je les comprends », a conclu la ministre qui a rappelé avoir reçu lundi la FCPE, première fédération des parents d’élèves.

– « Zone d’éducation à défendre » –

Les villes de Montreuil, où plus de 30 écoles sont concernées par ces actions sur les 49 de la commune, de Saint-Ouen, Aubervilliers et Saint-Denis sont les plus mobilisées.

Devant ces quatre mairies, des « pique-niques de la colère » étaient organisés à la mi-journée avant un rassemblement à 15h près du ministère.

« Les témoignages se multiplient », expliquent les organisateurs : « une enseignante avec 60 enfants de maternelle durant toute une journée; des parents sommés de prendre des congés pour garder leur enfant; une remplaçante ivre devant des CP ».

« Déchéance de scolarité », « on cherche des maîtres », proclamaient les banderoles affichées sur l’école Edgar-Quinet d’Aubervilliers. Au groupe scolaire Jules-Vallès à Saint Denis, des parents sont venus déguisés en super-héros pour occuper leur « ZED – Zone d’Education à Défendre ». Ailleurs des manifestants, parents et enseignants solidaires, occupaient pacifiquement les bureaux de la direction.

Le ministère a rappelé dans un communiqué les « neuf mesures » prises en novembre 2014 pour la Seine-Saint-Denis : « 240 emplois ont été créés à la rentrée 2015 et 503 (sont prévus, ndlr) pour la rentrée 2016, soit 1.040 depuis 2013 », selon le décompte de l’Education nationale. La dotation en nombre d’enseignants a augmenté de 4,5% en 2015, rappelle le ministère, après une rentrée 2014 très difficile.

Enfin, le nombre de réseaux d’éducation prioritaire est passé de 65 à 79 à la rentrée 2015. « Ce sont ainsi 63 % des collèges et 64 % des écoles (soit 511 sur 820) du département qui relèvent de l’éducation prioritaire », gage d’un taux d’encadrement plus élevé, souligne le ministère.

Pour lutter contre ce problème endémique qui fait perdre une année de scolarité aux élèves du département, la FCPE 93 a proposé de recruter dès à présent « les 100 à 150 personnes sur liste complémentaire du concours 2015 ».

Le ministère a aussi renouvelé cette année le concours exceptionnel de recrutement, qui n’existe que pour l’académie de Créteil dont dépend la Seine-saint-Denis. Au mois de mars, il a attiré 9.150 inscrits pour 500 postes, qui s’ajoutent aux 1.635 postes du concours classique.

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