Loi travail : la presse critique le « désamorçage en catastrophe » de Valls

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Les mesures en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes annoncées lundi par Manuel Valls ont tout l’air d’un « désamorçage en catastrophe » sapant l’autorité de l’exécutif, juge avec sévérité la presse de mardi.

Pour La Croix et son éditorialiste Guillaume Goubert, cet épisode confirme « l’affaiblissement continu de l’autorité du gouvernement ».

Car, même si elles saluent les annonces gouvernementales, les organisations étudiantes et lycéennes restent mobilisées contre le projet de réforme porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

« Sur la loi El Khomri, Manuel Valls avait juré qu’il irait +jusqu’au bout+. Sept semaines seulement après, c’est le calice de l’humiliation que le Premier ministre doit boire jusqu’à la lie », assure Guillaume Tabard dans Le Figaro, rappelant « le sort de tout pouvoir qui recule : les concessions, loin d’éteindre la contestation, l’avivent ».

Pour Les Echos, « le doute n’est plus permis. N’en déplaise à certains responsables de gauche, François Hollande est bien décidé à être candidat à un nouveau mandat présidentiel ». « Il suffit de voir comment il prend soin depuis quelques semaines des catégories sociales ayant majoritairement voté pour lui en 2012 pour s’en convaincre », écrit en forme de CQFD Stéphane Dupont dans le quotidien économique.

– ‘Le pouvoir est dans la rue’ –

Même sans être convaincu, Baptiste Laureau de Paris-Normandie voit dans la démarche du gouvernement « une manière (…) de se réconcilier avec la jeunesse ».

Pour Florence Chédotal (La Montagne/Centre France), « le Premier ministre a décidé de +sortir son chéquier+, avec le sourire, tout en espérant leur gratitude et leurs voix dans l’urne, si possible ».

« Ce n’est plus une négociation sociale, c’est une distribution des prix ! », ironise pour sa part Bruno Dive de Sud-Ouest.

L’Est républicain, sous la plume d’Alain Dusart, retient le sourire des leaders étudiants et lycéens à la sortie de Matignon et note, mordant, que « Manuel Valls le réformateur inflexible s’est ramolli ».

« Depuis plusieurs semaines, le pouvoir est dans la rue », fulmine Raymond Couraud dans L’Alsace.

« Le plan Valls donne en effet l’impression d’un désamorçage en catastrophe », estime Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, assénant : « c’est plus l’action sous la contrainte des événements que la mise en place d’une grande politique. »

Mais « l’urgence » pour Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d’Alsace, était « de calmer les étudiants coûte que coûte (près de 500 millions tout de même), quitte à braquer le patronat hostile à toute surtaxation des CDD ».

Yann Marec rappelle dans le Midi libre les promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle. « Avant 2012, le candidat socialiste voyait l’avenir en jeune. Aujourd’hui, sa capacité à réformer la France a pris un coup de vieux. »

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