Manifestation contre la loi travail: des heurts à Nantes, des journalistes agressés

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Des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre samedi à Nantes, à l’occasion d’une nouvelle mobilisation contre la loi travail qui rassemblait, dans une ambiance très tendue, 2.600 personnes selon la préfecture, 15.000 selon la CGT, et au cours de laquelle des journalistes ont été pris à partie.

Six personnes ont été interpellées et plusieurs conduites au poste de police pour des vérifications d’identité, selon la préfecture.

En début de soirée il restait de petits groupes épars en ville mais le gros de la manifestation s’était dispersé tandis que débutait, place du Bouffay, vers 19h, la 5e nuit debout de Nantes. Environ 300 personnes étaient réunies en cercle, avec une table au milieu recouverte d’une banderole « Solidarité contre les violences policières ».

Au cours de la manifestation, les forces de l’ordre ont été à plusieurs reprises la cible de projectiles divers, pavés, cailloux, bouteilles et oeufs, a constaté une journaliste de l’AFP. Elles ont répliqué en tirant des grenades lacrymogènes et en faisant usage de lances à eau pour empêcher l’accès à l’hypercentre.

En début de manifestation, un groupe de 7 ou 8 journalistes, photographes et reporters d’images, a été pris à partie, poursuivi et caillassé par une trentaine de très jeunes gens, vraisemblablement mineurs et ne se réclamant d’aucun syndicat, a rapporté un photographe de l’AFP, lui-même poursuivi. Ces jeunes, visages masqués, cherchaient apparemment à leur voler leur matériel.

Ces jeunes s’en sont également pris, peu auparavant, à une équipe de BFMTV qui faisait un direct. Ils ne sont pas parvenus à voler leur matériel, mais l’un des journalistes a reçu un coup de poing et eu une dent cassée, a raconté l’un des deux journalistes de BFMTV, Pierre-Emmanuel Becet, à l’AFP.

Des scènes de violences urbaines se sont répétées à plusieurs reprises par la suite avec des groupes de plusieurs dizaines, voire de centaines de jeunes, qui tentaient de dresser des barricades avec des éléments de chantiers, ou lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre, avant d’être repoussés à grands renforts de gaz lacrymogènes.

D’abord place du Commerce, où se trouve une importante station de tramway, puis, longuement, devant le CHU environné de nuages de lacrymogènes, et par la suite plus à l’est et plus près du centre-ville, devant le carré Feydeau.

De nombreux mobiliers urbains ont été dégradés – abribus brûlés, poubelles incendiées -, ainsi que des agences bancaires ou immobilières, notamment celle de Vinci immobilier, société du groupe Vinci, le concessionnaire du projet contesté de futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

En début d’après-midi, un premier cortège, composé d’environ 200 personnes, majoritairement des jeunes, avait quitté la place du Bouffay, dans le centre-ville, afin de rejoindre celui de l’intersyndicale réuni sur l’île de Nantes.

Avant le départ, un des participants avait expliqué au mégaphone que cette manifestation était organisée pour protester « contre le capitalisme et la misère sociale ». « On n’a rien contre les commerçants du centre-ville, les adultes doivent encadrer les plus jeunes », avait-il ajouté, alors que des vitres de commerces et d’établissements bancaires avaient déjà été brisées lors de précédentes manifestations, le 5 avril et le 31 mars notamment.

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