Réforme du collège: le débat public est loin d’être enterré

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A quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme du collège, le débat public a perdu de sa virulence mais n’en reste pas moins actif: préparation d’une action nationale du principal syndicat opposant, coup de pouce de la part du ministère.

Le SNES, premier syndicat dans le secondaire et fer de lance contre le projet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, a décidé d’une journée nationale d’action en mai, a-t-il annoncé cette semaine.

Toujours « déterminé à obtenir le retrait » de cette réforme, le SNES organise une consultation de ses syndiqués sur les modalités d’action à mener pour « la relance de discussions sur d’autres bases ».

Le syndicat sonde ses adhérents sur leur volonté à organiser par exemple une nouvelle journée de grève en mai ou manifester avec des parents un samedi.

Est également évoquée une grève des conseils de classe, des examens en juin (brevet, bac, écrit, oral, correction des copies etc.) ou encore à la rentrée. Autre action envisagée: « entrer dans des formes de résistance pédagogique, tels que le refus d’organiser les accompagnements personnalisés (AP) ou les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) » prévus dans le cadre de la réforme.

Dix-neuf questions auxquelles les syndiqués, qui ne sont pas tous professeurs au collège, sont invités à répondre, jusqu’à une date pour le moment non précisée, par « oui », « non » ou « ne se prononce pas ».

De son côté, Eduscol, portail internet du ministère de l’Education, met en ligne depuis quelques jours des ressources pédagogiques pour les enseignants, dédiées aux nouveaux programmes, eux aussi prévus pour la rentrée 2016.

Dans ces nouveaux programmes figurent les accompagnements personnalisés et les EPI, où deux disciplines sont enseignées au sein d’une même heure de cours (par exemple « Comment survivre sur Mars », un projet qui mêle physique-chimie et sciences et vie de la Terre).

Un rapport interne d’une inspection de l’Education nationale, l’IGAENR, dévoilé jeudi dans la publication Acteurs publics, indique que la réforme crée « des difficultés dans 10 à 25% des établissements », au niveau notamment des nouveaux dispositifs (les EPI et l’AP).

Selon le ministère, ce rapport date de janvier. Depuis, chaque établissement a reçu son enveloppe d’heures (appelées dans le jargon de l’Education nationale « dotation horaire globale ») et la carte de de l’apprentissage des langues vivantes s langues a été précisée.

« Ces éléments ont rassuré et les rapports des inspections montrent que les tensions s’apaisent », même si « bien sûr toute le monde n’est pas satisfait », ajoute-t-on rue de Grenelle.

La réforme du collège avait électrisé le monde éducatif et politique au printemps 2015: journées de grève et manifestations, vives protestations de la part notamment des professeurs d’allemand et de latin-grec, tribunes flamboyantes dans les journaux…

Depuis, le débat public s’est fait plus feutré mais il reste très vif sur les réseaux sociaux, où les pro et les contre rivalisent de tweets assassins.

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