Professeurs non remplacés: la FCPE lance une mobilisation jeudi

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La FCPE, première fédération de parents d’élèves, organise deux journées de mobilisation, les 7 et 21 avril, pour réclamer au ministère de l’Education de régler la question des absences de professeurs non remplacés, indique-t-elle sur son site internet.

Depuis le début de l’année, l’organisation comptabilise 20.000 journées de cours non remplacées de la maternelle au lycée, sur la base des signalements effectués par des parents sur son site ouyapascours.fcpe.asso.fr.

La FCPE avait déjà tiré le signal d’alarme mi-février, évaluant à 6.000 le nombre de journées perdues. Le ministère de l’Education nationale estimait alors que cela représentait entre 0,02 et 0,03% de journées de classe manquées, sur 30 millions de journées de classe en primaire.

« Il faut qu’on puisse remplacer de façon réactive les absences des professeurs », a déclaré lundi la ministre Najat Vallaud-Belkacem. « On s’est attelé à cette question depuis 2013 dans le premier degré. Nous avons créé 2.200 postes de remplaçants » après la suppression de 1.500 postes sous le précédent quinquennat, a-t-elle indiqué, ajoutant que l’on payait « encore aujourd’hui les frais de cette politique ».

Ces créations ne suffisent pas pour la FCPE, qui appelle les parents « à organiser des actions, à interpeller le ministère et faire qu’il prenne les choses en main ». Elle invite à relayer sur les réseaux sociaux des selfies devant les établissements où des professeurs ne sont pas remplacés, avec le mot-dièse #yapasdeprof, à alerter le rectorat, solliciter le soutien des élus locaux et organiser des actions.

« Dans certains départements, c’est catastrophique. Dans le 95 (Val-d’Oise), les parents en ont marre d’entendre leurs enfants dire qu’ils ont fait du coloriage, qu’ils ont été dispatchés dans d’autres classes. Il faut faire quelque chose, afin qu’à la rentrée on reparte sur des bases un peu meilleures », réclame la FCPE.

La fédération demande que « des protocoles de remplacement soient votés en conseil d’administration » dans les établissements scolaires, et que ceux-ci réfléchissent avec leurs équipes afin de trouver des ressources disponibles pour assurer des remplacements, avec des enseignants volontaires.

En février, la PEEP, autre fédération de parents d’élèves, avait aussi demandé le rattrapage des heures de cours perdues.

« Il y a une alerte sur les remplacements », a indiqué à l’AFP Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. « Certes des postes de remplaçants ont été créés », mais une partie est utilisée pour compenser des décharges accordées à des directeurs d’école pour assurer leurs tâches de direction, ou dans l’éducation prioritaire pour libérer du temps pour le travail en équipe des enseignants.

Selon lui, il manque encore 1.500 postes pour retrouver le niveau de remplaçants de la rentrée 2008, a-t-il estimé.

Au-delà des créations de postes, la ministre a mis en place un groupe de travail pour améliorer la réactivité à propos des remplacements. Des mesures, telles que pouvoir faire appel à des remplaçants d’une circonscription voisine, pourraient aboutir dès la rentrée 2016.

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