Gironde: aux Assises, procès d’un coup de couteau mortel pour un smartphone

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La Cour d’assises des mineurs de la Gironde juge depuis lundi un trio, deux jumeaux de 23 ans et une jeune femme de 19 ans, accusés d’avoir donné un coup de couteau mortel à un étudiant pour lui voler son smartphone revendu le jour-même pour l’équivalent de 40 euros en cannabis.

La mort à Talence (Gironde) en mars 2014 d’Alexis, un étudiant bordelais de 19 ans, frappé d’un coup de couteau en plein coeur, avait créé une vive émotion dans l’agglomération bordelaise, autant par la personnalité de la victime, que par la tragique absurdité d’une « mort pour un portable ».

Une marche blanche, parents en tête, avait rassemblé plus de 800 personnes et été reçue à la mairie par Alain Juppé. Et une association de soutien s’est créée depuis, à la fois pour perpétuer le souvenir d’Alexis, mobiliser et mettre en garde les parents contre cette « violence ordinaire » qui « n’arrive pas qu’aux autres ».

Le 5 mars 2014, depuis un arrêt de tramway, le jeune homme avait été repéré et suivi jusque chez lui par le trio –deux jumeaux en rupture sociale quasi-totale, toxicomanes éperdus, ainsi que l’amie d’un des frères âgée de 17 ans au moment des faits.

Alexis avait été agressé dans le hall d’entrée de sa résidence. Surpris, un écouteur sur les oreilles, opposa-t-il une « forme de résistance physique » qui a surpris les agresseurs, amenant un coup de couteau qui était « plutôt un accident », comme le maintiendront les frères aux enquêteurs ? Ou bien, comme la famille le dit, le coup a-t-il été « porté volontairement, avec l’objectif de tuer » par des frères coutumiers de ce type de vols avec armes et qui, agressif et immatures, « n’ont pas supporté qu’il puisse se défendre ? »

Le soir même, le trio revendait le téléphone volé pour l’équivalent de 40 euros en « barrettes de shit », qu’ils consommaient dans la foulée. Après avoir un temps cherché de l’aide auprès d’une connaissance de la jeune femme, ils étaient arrêtés dix jours plus tard en gare de Cognac (Charente), d’où ils pensaient prendre un train pour l’Espagne.

Il sont jugés pour vol précédé, accompagné ou suivi de violences ayant entraîné la mort, des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Le procès, dont le verdict pourrait être connu jeudi ou vendredi, se tient devant la Cour d’assises des mineurs, en raison de l’âge de 17 ans de l’accusée au moment des faits. Son avocat a indiqué lundi qu’elle ne s’opposait pas à un procès public.

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