Un an après Villefontaine, l’omerta souvent de mise dans les écoles, selon une association de protection de l’enfance

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Un an après l’affaire de Villefontaine, l’association Innocence en danger a dressé mercredi un bilan mitigé des mesures prises par le ministère de l’Education nationale pour prévenir les actes de pédophilie au sein des écoles, estimant que « l’omerta » prévalait encore.

Vingt affaires de pédophilie au sein de l’école sont actuellement en cours et traitées par les avocats de cette association de protection de l’enfance, a déclaré Homayra Sellier, sa présidente, lors d’un point de presse.

Trois directeurs d’écoles, dix enseignants dont une femme, un assistant maternel et quatre animateurs sont mis en cause dans ces dossiers, dans plusieurs académies du territoire.

Ces enquêtes n’ont entraîné que trois suspensions et aucune révocation, a dit Me Marie Grimaud, une des avocates de l’association.

Le ministère a procédé à 27 révocations d’enseignants en 2015 pour des actes de pédophilie ou détention d’images pédopornographiques, des faits commis pour la plupart hors du cadre scolaire. Pendant l’enquête, un enseignant est parfois suspendu, mais rarement révoqué, afin de respecter la présomption d’innocence.

En mars 2015, le directeur d’une école maternelle de Villefontaine (banlieue de Lyon) avait été mis en examen pour des viols sur ses très jeunes élèves. L’enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d’images pédopornographiques, mais il avait continué d’exercer, l’Education nationale n’ayant pas été informée des faits. Il a été révoqué dès le printemps 2015.

Selon Innocence en danger, plusieurs des mesures annoncées après l’affaire de Villefontaine n’ont été appliquées qu’en demi-teinte. Elle affirme que la mise en place de référents justice et éducation au sein des rectorats et des tribunaux, un dispositif promis pour la rentrée 2015 et destiné à faciliter les échanges d’informations, font encore défaut dans plusieurs académies.

La rue de Grenelle répond que chaque académie dispose bien de ses référents depuis la rentrée 2015.

L’association réclame aussi que la vérification des casiers des personnels de l’Education nationale en contact avec des mineurs, actuellement en cours, soit étendue aux animateurs et éducateurs, qui interviennent par exemple lors des ateliers périscolaires.

Le projet de loi, qui introduit l’obligation de signalement, couvrira l’Education nationale mais aussi centres de loisirs, colonies de vacances et accueils collectifs d’enfants, avaient indiqué les ministères de la Justice et de l’Education en mai.

Plus largement, l’association et des parents d’enfants se disant victimes d’agressions au sein de l’école dénoncent « un chemin de croix ». « Quand on commence des démarches pour dénoncer des faits, les portes se ferment », a déclaré une mère. « Nous ne sommes pas entendues, on ne nous croit pas », a ajouté une autre. « On est rejeté par les autres parents de l’école, par l’Education nationale. C’est un calvaire ».

Innocence en danger, très active, est parfois qualifiée de jusqu’au-boutiste par d’autres acteurs de la protection de l’enfance. Elle avait ainsi contribué à la tenue d’un troisième procès d’Outreau mi-2015, qui s’était achevé par un second acquittement de Daniel Legrand des chefs de viols des enfants Delay. Les autres associations de protection de l’enfance ne s’étaient pas portées partie civile.

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