IUT de Saint-Denis: suspension prolongée du directeur, accusé d’excès de zèle sur la laïcité

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La suspension du directeur de l’IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol, défenseur ardent mais contesté de la laïcité à l’université, a été prolongée pour huit mois par sa hiérarchie dans le cadre d’une procédure disciplinaire, a-t-on appris vendredi.

Jean-Loup Salzmann, le président de l’université Paris 13, a pris un nouvel arrêté le 10 mars reconduisant la suspension de M. Mayol et son interdiction d’accès au campus jusqu’au 12 novembre « ou jusqu’à la fin des poursuites disciplinaires » engagées contre lui.

L’université l’accuse notamment d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association musulmane pour démontrer l’existence de dérives communautaires.

Directeur depuis la rentrée 2012, M. Mayol se dit, lui, victime d’une campagne de dénigrement orchestrée par sa hiérarchie qu’il accuse d’avoir fermé les yeux sur des atteintes répétées à la laïcité sur le campus, comme la vente de sandwich halal et la tenue d’offices religieux dans ce local.

Cette décision intervient alors que M. Mayol, dont l’action en faveur de la laïcité avait été saluée en novembre par le Premier ministre Manuel Valls, est invité dimanche à s’exprimer aux côtés d’autres promoteurs d’une laïcité offensive, réunis dans l’appel du « Printemps républicain ». Il doit intervenir sur le thème: « le travail aux prises avec le fait religieux ».

A l’appui de sa décision, le président fait valoir que « l’éloignement et la suspension » de M. Mayol sont de nature « à favoriser la manifestation de la vérité ainsi que le bon déroulement d’investigations et de procédures en cours et à venir ».

Dans un pré-rapport sur la crise qui secoue depuis deux ans l’IUT, dont la version définitive sera publiée à la mi-avril, les inspecteurs de l’Education nationale ont épinglé la gouvernance de M. Mayol, sans exonérer la présidence de ses responsabilités.

Les inspecteurs ont aussi constaté que, depuis sa suspension, la situation s’est nettement apaisée, au grand « soulagement » de personnels dont certains s’estimaient pris en otage dans un conflit qui les dépassait.

M. Salzmann, dont le second mandat s’achevait le 14 novembre, a par ailleurs été prolongé dans ses fonctions jusqu’à l’élection de son successeur, une décision suspecte pour l’entourage de M. Mayol qui y voit un signe de sa volonté de conserver la main sur ce dossier jusqu’au bout.

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