Landes: 36 parents d’éléves jugés pour dénonciation calomnieuse d’un prof, des amendes requises

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Une trentaine de parents d’élèves d’un collège de Biscarrosse (Landes) ont été jugés mardi en correctionnelle pour dénonciation calomnieuse d’un enseignant qu’ils avaient accusé de harceler et humilier des élèves, sur fond de rivalités entre enseignants.

Des peines d’amende avec sursis, ou la relaxe pour plusieurs, ont été requises contre les parents. Nombre des 36 prévenus étaient absents à l’audience, au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, mais certains y ont réitéré les allégations de violences, vexations qu’auraient subi leurs enfants de la part d’un professeur d’éducation physique: un fils attrapé durement par le bras, un autre victime de brimades, nu au sortir de la douche, une fille « harcelée » pour s’être souvent fait renvoyer de cours.

L’affaire avait démarré en 2013 par un courrier de plainte à l’Éducation nationale, mais aussi des plaintes en gendarmerie, émanant d’un collectif de parents, qui visaient en particulier ce professeur de sport de 59 ans, mais également quelques autres enseignants et encadrants du collège.

Les enquêtes, interne comme pénale, avaient abouti au classement sans suite du dossier, mais le parquet s’était retourné contre les parents, engageant alors des poursuites. L’enseignant mis en cause, lui, n’exerce plus depuis les faits, attendant la retraite, mais est « détruit psychologiquement », selon son avocate Me Laure Darzacq.

L’audience, et des témoignages rappelés par la présidente, ont mis au jour le climat de ressentiments et de vengeance régnant alors entre enseignants du collège, où deux autres professeurs -non poursuivis – auraient pu manipuler des parents sur la constitution du collectif.

Ces deux enseignants, qui faute d’éléments n’ont pas été inquiétés par la justice, ont depuis fait l’objet de sanctions disciplinaires, mais celles-ci ont été annulées par le tribunal administratif de Pau, a indiqué à l’AFP leur avocat Me Jérôme Kuznik, qui défend aussi des parents.

« On était en pleine période d’évaluation des professeurs », « il y a eu un déchaînement d’horreurs », a souligné mardi la principale du collège de l’époque, pour qui l’enseignant mis en cause aimait certes la discipline, mais était « parfois poussé à bout par certains élèves ».

Quelques parents, parmi la quinzaine présents à l’audience mardi, ont continué d’accabler l’enseignant. Mais plusieurs autres ont reconnu que le collectif a pris des proportions qu’ils n’avaient pas imaginées. « Je me doute qu’il y en a qui en ont rajouté », a ainsi déclaré une mère.

« Certains parents ont dit: +on s’est fait rouler dans la farine+ », a fait valoir mardi le procureur, Jean-Philippe Recappé. Il a requis une peine de 1.000 euros d’amende avec sursis pour les parents qu’il considère coupables de dénonciation calomnieuse, et la relaxe pour une douzaine d’autres qui s’étaient écartés du collectif incriminé.

Les prévenus encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

A l’issue de l’audience, qui a duré tard dans la soirée, le jugement a été mis en délibéré au 19 avril.

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