Polémique sur l’orthographe: Najat Vallaud-Belkacem s’en prend à ses prédécesseurs de droite

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Najat Vallaud-Belkacem accuse plusieurs anciens ministres de droite d’avoir « créé et alimenté une polémique absurde à propos d’une réforme de l’orthographe qui n’existe pas », dans une tribune parue dans le Monde de jeudi.

Cette polémique s’est déchaînée sur les réseaux sociaux il y a deux semaines après un reportage de TF1 disant qu’une réforme adoptée par l’Académie française en 1990 mais restée lettre morte serait appliquée à partir de la rentrée dans les nouveaux manuels scolaires.

Les rectifications orthographiques, facultatives, proposées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990 et approuvées alors par les Immortels, avaient déjà été citées comme référence par les programmes de 2008 sous la droite, comme ils le sont dans les nouveaux programmes. Certains éditeurs scolaires les appliquaient déjà pour le primaire depuis plusieurs années, d’autres ont décidé de les généraliser.

Les anciens ministres de l’Education nationale ou de l’Enseignement supérieur, François Fillon, Luc Chatel, François Bayrou ou Laurent Wauquiez ont « sciemment induit en erreur les médias et l’opinion publique en assimilant cette réforme imaginaire à la réforme, bien réelle », qui concerne « le collège et, plus largement, toute l’école de la République », déplore l’actuelle ministre dans sa tribune.

Cette « tartufferie » occulte « un débat essentiel (…) l’éducation de nos enfants », déplore-t-elle.

Ces hommes politiques « ont trahi ces exigences élémentaires du débat public dans une démocratie », alors même qu' »ils portent, avec quelques autres, une très lourde responsabilité dans les difficultés que traverse l’école aujourd’hui », estime Mme Vallaud-Belkacem, les accusant d’avoir saccagé l’école « avec un acharnement consternant durant plus d’une décennie ».

« Vous qui, entre 2002 et 2012, avez choisi de démolir les dispositifs d’aide aux élèves les plus fragiles, de ne plus recruter d’enseignants y compris de lettres classiques ou d’allemand, de ne plus former les professeurs (…) n’avez-vous rien de mieux à dire au pays que votre soudaine et opportune indignation contre une évolution orthographique décidée il y a plus de vingt-cinq ans, sans jamais l’avoir contestée lorsque vous étiez aux responsabilités ? De qui vous moquez-vous ? », ajoute-t-elle.

La ministre de l’Education avait déjà répondu cette semaine au secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, qui affirmait que l’Académie n’avait eu aucune part dans ces rectifications. Najat Vallaud-Belkacem lui a fait part dans une lettre de son « étonnement » et rappelé que les Immortels avaient largement approuvé ces modifications en 1990, et qu’elle les avait même intégrées dans son dictionnaire.

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